Ce matin, c’est au tour de la classe de 5ème du collège du Porzou de Concarneau d’appeler Victor en visio-conférence ! Malgré la distance et les aléas de l’internet en mer, Victor commence l’échange par montrer les environs du Captain Darwin : il fait très beau en mer, et le vent se prête très bien à la navigation à la voile. Les élèves localisent la dernière escale de l’équipage, la Polynésie française dans l’océan Pacifique. Victor décrit l’itinéraire de l’expédition et montre à la classe les trois caps majeurs que traversent les navigateurs : le cap Horn, le cap de Bonne Espérance et le cap Leeuwin.
C’est l’occasion de montrer de belles images de l’étude de coraux en Polynésie. Le corail est un très petit animal, le polype, qui se construit un squelette qui forme le corail, et avec le temps, ces structures deviennent des récifs, voire des îles qu’on appelle des atolls. Les coraux constituent un habitat très riche (ou écosystème) pour la biodiversité (poissons, mollusques, requins, algues, etc.). Malheureusement, les coraux sont menacés par le réchauffement climatique : le corail est sensible à la chaleur, et la montée de la température des océans est un risque important pour la survie et la bonne conservation des coraux.
Les élèves viennent ensuite tour à tour près de l’ordinateur pour parler à Victor. Héloïse et Léa présentent la sortie naturaliste effectuée par la classe en mars dernier. Les élèves sont descendus à pied sur la plage du Porzou pour observer les algues du littoral breton. Accompagnés par deux intervenantes de l’association Cap Vers la Nature, ils ont commencé par prélever un maximum d’espèces différentes (uniquement dans l’estran, sans aller dans l’eau) pour représenter la variété des algues.
Chaque groupe a ainsi ramassé autour d’une dizaine de spécimens, qu’ils ont ensuite pu identifier grâce à une clé de détermination. Les différents éléments permettant d’identifier les algues étaient notamment la couleur, la forme des lames, la taille, la présence de flotteurs, etc.
Noé prend la parole et explique la suite de la sortie. Les différents groupes d’élèves ont choisi une algue parmi leur sélection pour en réaliser un représentation schématique. La dernière activité organisée fut un jeu durant lequel les élèves devaient retrouver un spécimen d’une espèce d’algues, selon une carte tirée au hasard. Pour terminer, les intervenantes ont apporté un tartare d’algue maison très frais, que toute la classe a dégusté sur du bon pain (ce fut notamment le moment préféré de plusieurs élèves).
Laura et Valentine partagent avec Victor ce qu’elles ont appris : toutes les algues ne vivent pas au même niveau, certaines préfèrent un peu moins d’eau. Elles ont adoré observer les algues sur place, ainsi que d’apprendre en jouant grâce aux intervenantes.
Plusieurs élèves pensent avoir changé leur opinion sur les algues grâce à la sortie et à ce qu’ils ont appris. Laura trouvait les algues sur la plage et dans l’eau assez énervantes, mais en apprenant plus, ça ne la dérange plus et elle comprend le rôle que les algues jouent dans l’écosystème du littoral. Mathilde et Garlonn présentent brièvement à Victor leur projet artistique pour la fête des Darwinigs. Les élèves comptent réaliser une affiche représentant une coupe de l’estran, un jeu “Qui est-ce ?” avec 16 espèces d’algues, un podcast, et un livre sur les algues.
Victor présente ensuite aux élèves une espèce étudiée par l’équipage durant l’expédition. Au large de l’Argentine, le Captain Darwin a séjourné sur un ensemble d’îles, les Malouines. C’est un endroit où on peut trouver des algues qui font partie des plus grandes du monde.
Les élèves qui ne connaissent pas les îles découvrent leur géographie avec une carte satellite projetée à l’écran à Victor. Autour de l’île aux Cochons, ils peuvent observer une ceinture de couleur différente du reste de l’océan : il s’agit d’une forêt de kelp (Macrocystis pyrifera), ces très longues algues qui poussent à 15-20 mètres de profondeur. Ce sont des algues à la croissance rapide, et elles grandissent plutôt vers le côté, ce qui crée ces vastes tapis d’algues visibles depuis les satellites.
L’équipage a plongé plusieurs fois pour pouvoir étudier et photographier ces algues à l’aide de matériel spécialisé. Chaque spécimen possède les mêmes éléments anatomiques observés par les élèves sur les algues du Porzou : le crampon qui s’accroche au fond de l’eau, le stipe central, puis les lames. Le kelp a également un flotteur, comme certaines algues que l’on trouve en Bretagne.
Benjamin, Baptiste et Roméo interviennent pour répondre à une question sur le rôle des algues. Elles abritent notamment de nombreuses espèces de poissons, participent à protéger les côtes de l’érosion et stockent une grande quantité d’oxygène.
C’est également le cas pour les forêts de kelp aux îles Malouines, elles ont notamment une biodiversité riche de poissons et de mammifères marins. Noah demande à Victor si cet écosystème est en danger.
Selon Victor, on peut se prononcer sur l’état de santé des forêts sous-marines grâce aux interventions scientifiques et en surveillant leur expansion sur les images satellites. Elles sont également protégées car la présence humaine sur îles Malouines est bien encadrée, ce qui résulte en un écosystème préservé de l’impact humain. Une menace potentielle à la conservation des forêts de kelp, c’est le changement climatique. Les eaux des océans se réchauffent et s’acidifient, ce qui dérègle le quotidien des algues et impacte les espèces qu’on peut y trouver, en faisant notamment remonter des espèces prédatrices des algues.
On termine la visio-conférence par les questions que les élèves souhaitent poser à Victor. Waris demande quels métiers permettent de travailler en mer ou dans la nature. Victor est à l’origine réalisateur de films documentaires, et c’est sa passion pour la biodiversité et l’environnement qui ont guidé son orientation vers ce qu’il fait actuellement. Pour travailler aux côtés de la nature, on peut être scientifique, marin professionnel.le, il y a également les métiers de l’image (comme Victor). Les intérêts de chacun peuvent être adaptés à la variété de métiers qui existent en lien avec la mer et la nature.
Gaspard et Lilou viennent ensuite poser leurs questions. Que faites-vous de votre temps libre ? Qu’est-ce qui vous manque le plus de la vie à terre ? Victor répond que lorsqu’il a un peu de temps, il regarde des séries et il lit beaucoup, notamment sur la biodiversité.
Ce qui lui manque en mer, c’est la stabilité, il y a toujours du mouvement à bord du voilier. Lorsqu’il fait de longues navigations sans s’arrêter, ça peut devenir fatigant. Ses proches et passer du temps avec ses amis lui manquent aussi beaucoup, mais comme avec la classe de 5ème, il peut toujours les appeler.
Garlonn demande à Victor s’il a été soutenu par son entourage pour ce projet. Victor dit que globalement oui, même si certains ont eu du mal à comprendre sa décision, ils ont finalement soutenu Victor en voyant à quel point ce qu’il fait lui plait. Enfin, Benjamin demande si Victor a d’autres projets de prévus après l’expédition. Victor réfléchit en ce moment à un projet qui suivrait l’itinéraire d’une espèce migratrice, par exemple la sterne arctique, qui parcourt près de 70 000 km en migrant.

