Nous retrouvons ce matin la classe bretonnante de Plouay pour leur visio-conférence avec Victor, ou, comme selon le tableau blanc : Vizio gant Viktor! Les élèves de CE1/CE2 peuvent enfin rencontrer Victor, en grand sur le tableau de la classe. Il est au poste de pilotage du Captain Darwin, et les élèves peuvent voir la mer derrière lui ! Victor demande à la classe s’ils savent où il se trouve en ce moment, et propose d’utiliser un globe pour situer la Bretagne et la Polynésie. Il est en ce moment près de Tahiti, une île de la Polynésie, en Océanie dans l’océan Pacifique. Cela permet de faire réaliser aux élèves la distance qui les sépare.
Victor montre ensuite à la caméra ce qui l’entoure, son poste de travail, les outils de navigation, puis les voiles du Captain Darwin. Le voilier utilise donc la force du vent, une énergie gratuite, accessible et qui ne pollue pas. L’équipage se prépare en ce moment à aller plonger pour étudier les récifs coralliens, et à continuer de comparer la biodiversité contemporaine avec celle rapportée dans les carnets de Charles Darwin.
Les élèves prennent ensuite tour à tour la parole pour décrire leur sortie naturaliste à Victor. Ils sont allés le long du Scorff, à environ 10 minutes de bus de leur école, dans l’espoir d’observer des loutres ! Les informations sont relayées un peu dans le désordre, mais Victor finit par comprendre que les élèves n’ont malheureusement pas vu directement de loutres, mais qu’ils ont installé un piège photographique. Sur les images récupérées, ils ont observé des ragondins et des ragondines dans l’eau en train de se nourrir d’herbe. Les élèves ont également vu des canards et des canes (et non pas des canardes…), des insectes et des amphibiens. Aucune loutre ne s’est montrée sur la caméra, mais les élèves ont observé des traces de pattes, des poils blancs et des excréments sur les berges du Scorff ! La loutre serait donc bien présente sur place, mais simplement difficile à observer directement. Malheureusement, le piège photographique a été volé peu de temps après…
Victor suggère que la loutre ne s’est pas montrée car c’est sûrement un animal rare. Elle a été chassée pendant longtemps pour sa fourrure douce, très chaude et pratique pour la confection de vêtements. La loutre revient peu à peu en Bretagne et son statut de conservation s’est amélioré depuis le XXème siècle, mais demeure quasi-concerné. Les élèves sont plutôt optimistes quant au futur de la loutre en Bretagne maintenant qu’elle est protégée.
Un élève, Nino, se rapproche de l’ordinateur pour parler d’une autre espèce qui a été chassée, le dodo. Victor applaudi l’intervention et demande à Nino ce qu’il sait d’autre cet oiseau. Le dodo a été facilement chassé pour sa chair, et à cause de sa nature docile et curieuse : n’ayant pas peur des humains, il est devenu une proie facile. Le dodo est désormais éteint.
Les élèves mentionnent ensuite de loup des îles Malouines, une autre espèce malheureusement éteinte qu’ils ont étudiée avec Audrey lors de la première intervention.
Victor présente aux élèves une espèce qui a contribué à l’extinction du dodo sur l’île Maurice, le macaque crabier. C’est une espèce que l’on qualifie d’invasive, car elle a été introduite sur un territoire par l’humain, avant de devenir prédatrice pour les espèces endémiques et locales. L’île Maurice fait partie des prochaines escales de l’expédition du Captain Darwin, et Victor étudiera le macaque crabier pour mieux comprendre comme il a contribué à l’extinction du dodo.
Victor présente ensuite un oiseau fantastique que l’équipage a pu étudier au Brésil, l’ibis rouge, ou Guará. Il commence par afficher une carte à l’écran, pour montrer à la classe où se trouve le Brésil par rapport à Plouay. L’équipage s’est rendu dans la forêt tropicale atlantique au sud du Brésil, plus précisément dans la commune de Guaratuba. Le climat là-bas est tropical, il fait donc plutôt chaud, et on trouve dans cette forêt des zones de mangroves, un écosystème de marais côtiers qui abrite l’ibis rouge. Les juvéniles de cet oiseau sont gris, mais les adultes deviennent rouges en se nourrissant de crustacés dans la vase des palétuviers, les arbres de la mangrove.
Victor fait deviner aux élèves pourquoi l’ibis aurait pu être chassé : peut-être pour faire des stylos à plume ? Presque, l’ibis a bien été chassé pour ses plumes écarlates, mais plutôt pour faire des vêtements, comme des manteaux de luxe ou des boas. L’ibis s’est retrouvé au bord de l’extinction dans cette partie du Brésil entre les années 1930 et 2010. Il est réapparu après que d’importantes mesures soient prises pour la protection de l’environnement, et notamment des zones de mangrove à Guaratuba où les ibis nichaient et se nourrissaient. Un jour en 2010, un ibis est revenu, puis un deuxième : aujourd’hui, environ 4000 ibis rouges vivent protégés à Guaratuba, sans être chassés par les humains, qui travaillent pour protéger cet oiseau.
Pile à ce moment, une alarme retentit sur le voilier, et Victor explique aux élèves qu’il s’agit d’un appareil qui repère les autres bateaux à l’horizon, afin d’éviter les collisions (heureusement, pas d’autres bateaux à l’horizon). Il en profite pour montrer à nouveau les appareils de pilotage du voilier. Une élève demande s’il a déjà croisé des gros bateaux. Il montre à la classe une photo prise il y a quelques semaines, d’un énorme vraquier (bateau qui transporte des aliments en vrac) d’environ 300 mètres de long, que le Captain Darwin a croisé. La rencontre a été plutôt impressionnante.
Victor décrit également le fonctionnement du système d’eau à bord, et montre à la classe une partie des courses qu’il a fait récemment : chocolat (très important), pâtes, légumes, huile d’olive, etc.
Un autre élève demande à Victor ce qui lui a donné envie « d’aller faire comme Darwin en bateau ». Selon Victor, c’est d’abord lire « Le Voyage du Beagle », le livre de Darwin, qui lui a mit cette possibilité en tête. En lisant les récits des escales et en regardant les belles cartes, Victor a été inspiré par ce voyage d’il y a maintenant 200 ans et s’est dit « Et si on refaisait ce voyage ? ». Il avait envie de consacrer sa vie à l’environnement et à l’écologie, puis a décidé qu’il allait parler de nature et d’animaux, et ainsi participer à sa propre échelle à la protection de la biodiversité du monde.
Certains élèves renchérissent être eux-aussi passionnés de nature et de vouloir la protéger. Victor les encourage : s’ils le veulent et qu’ils sont motivés, ils peuvent faire des études supérieures pour pouvoir travailler dans ces domaines.
La dernière question est elle-aussi très intéressante : « Est-ce que tu as fait des études pour apprendre les langues avant de partir ? ». Victor répond avoir fait ses études à Rennes, à Sciences Po : il a étudié comment réaliser des films. Donc non, Victor n’a pas étudié particulièrement les langues avant d’embarquer pour le tour du monde, mais ses études ont tout de même motivé l’expédition, car il sait documenter toutes les observations de l’équipage.
Victor a également appris à naviguer de zéro avec une professionnelle, car il n’avait jamais navigué ! Il encourage les élèves à faire les études qui leur plaisent, à apprendre des langues pour communiquer avec les autres, et surtout à poursuivre leurs passions.

