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Du Rouz à la Mata Atlantica

5 Mai 2026 | Sensibilisation

Ce matin, la classe de CE1/CE2 de l’école Sainte-Thérèse à Concarneau avait rendez-vous en visio-conférence avec Victor. Il apparaît à l’écran et se présente aux élèves, et chacun est très heureux d’enfin se rencontrer. Victor leur fait une petite visite du poste de pilotage dans lequel il se trouve, la timonerie. Dehors, le temps est magnifique et la classe aperçoit l’océan Pacifique. Victor leur demande s’ils peuvent placer la Bretagne, l’océan Pacifique et la Polynésie sur un globe terrestre. Une fois ces points localisés, les élèves peuvent réaliser l’ampleur de la distance les séparant du Captain Darwin.

Liana présente l’école et la classe à Victor, qui n’en est pas totalement étranger car il s’agit de l’école la plus proche des bureaux de Captain Darwin, quasiment sur le port de Concarneau. Il s’intéresse à l’organisation de la cour d’école, et demande à Liana si la cour est végétalisée. La classe travaille en ce moment à ajouter un peu plus de nature dans leur cour, notamment en plantant des chênes ! Par la suite, les élèves aimeraient planter des fleurs.

Kahoni demande à Victor ce qu’il étudie en Polynésie. C’est l’occasion de montrer à la classe les impressionnantes photos aériennes et sous-marines prises sur place. Victor étudie en ce moment les coraux, des organismes formés de nombreux polypes. Lorsqu’ils se multiplient par milliers, ils peuvent former des îles entières, en forme de fer à cheval, qu’on appelle des atolls. La mer intérieure de l’atoll s’appelle un lagon, et comme il n’y a pas de vague, c’est parfait pour ancrer le voilier au calme.

Sur d’autres photos sous-marines, les élèves observent les nombreux poissons colorés habitant les coraux, comme des rémoras, et même un requin pointe noire. Les récifs coralliens sont donc des écosystèmes sous-marins très très riches en biodiversité. Victor montre à la classe l’appareil photo qu’il utilise pour faire ses photos sous-marines, qui a un gros objectif.

Timothée présente ensuite à Victor la thématique annuelle de la classe, les arbres comme espèce habitat : cette année, les élèves étudient tout ce qui vit autour, dessus, à l’intérieur des arbres, et comment les préserver. Victor demande ce qui les a intéressés à propos des arbres : il s’agit des oiseaux, des petites bêtes qu’il y a autour, et de la photosynthèse.

La sortie était donc centrée autour des oiseaux,  et la classe a été accompagnée par Raphaële de la LPO. Colin présente la sortie.

La classe est allée au bois du Rouz vers le Porzou, et l’objectif était d’observer et d’écouter les oiseaux. Avec l’aide de Raphäele, les élèves ont identifié le Pouillot véloce, qui pousse un malicieux “tchif tchaf !”, le pinson des arbres, et le Troglodyte mignon. Ils ont ensuite rempli des fiches d’identité pour d’autres oiseaux. Ils ont également observé de très près les petites bêtes du sol dans le bois, et ils les ont identifiées grâce à une clé de détermination basée sur le nombre de pattes de la petite bête : des millepattes, des iules, des araignées, des cloportes, etc

Victor a trouvé la sortie naturaliste très intéressante et efficace pour présenter aux élèves les différentes manières d’observer la biodiversité. Il leur présente ensuite à son tour une de ses sorties faite en Amérique du Sud. Les élèves localisent le Brésil sur le globe terrestre, et Victor leur explique qu’en plus de la très célèbre forêt amazonienne, le Brésil abrite également la Mata Atlantica, ou bien la forêt tropicale atlantique.

Dans cette forêt, l’équipage a étudié une espèce qui habite très haut dans les arbres, le paresseux. Les élèves partagent ce qu’ils savent de cet animal : il est paresseux (logiquement), il dort tout le temps, il est très lent mais très fort. Victor acquiesce avec cette dernière proposition. Effectivement, le paresseux dort la majeure partie du temps, soit jusqu’à 15 heures par jour, et reste accroché tout en haut de son arbre pour manger ses feuilles. Il est ainsi protégé de ses prédateurs au sol.

Le paresseux va tout de même descendre régulièrement de son arbre à l’aide de ses griffes acérées pour faire ses besoins.

Victor fait défiler des photos d’autres animaux tropicaux sauvages, un jaguar, des singes et capucins, et des tamarins-lions (correctement identifiés par une élève). Cette variété d’espèces permet d’expliquer à la classe l’organisation spatiale de la forêt, car les espèces vivent à des étages différents : le jaguar évolue au sol, et les primates à un niveau intermédiaire, tandis que les paresseux habitent les étages les plus hauts de la forêt.

Victor montre également des images d’oiseaux d’Amérique du Sud, un toucan et un colibri, aux couleurs vives. Les photos défilent et la classe identifie correctement un serpent, plusieurs amphibiens et même des insectes comme un morpho bleu et une fourmi coupe-feuille.

On retrouve toutes ces grandes catégories d’êtres vivants en France, et les élèves fournissent plusieurs exemples de comparaison : on a des mammifères (sangliers, cerfs, renards), des oiseaux (mouettes, corbeaux, pigeons), des amphibiens (grenouilles, salamandres), des reptiles (lézards, couleuvres), etc. Même à l’opposé de la planète, nous partageons des organisations de la biodiversité, même si les espèces sont différentes.

Victor propose de réfléchir à la question suivante : y avait-il plus ou moins d’animaux dans la forêt au temps de Darwin par rapport à aujourd’hui ? Globalement, la classe est d’accord sur le fait qu’il y a moins d’animaux aujourd’hui. « Et pourquoi donc ? » Les réponses fusent, parce qu’il y a des chasseurs, parce qu’on pollue, parce qu’on mange les animaux, parce qu’on coupe des arbres, à cause du réchauffement climatique. Tous les élèves ont un peu raison, et pour illustrer le cas des animaux sauvages de la Mata Atlantica, Victor projette quelques photos.

On y voit la forêt, avec un trou au milieu, et des bulldozers qui abattent les arbres. À la place, on y construit des habitations, des routes, et d’autres infrastructures humaines, à l’aide du bois coupé, tandis que les animaux qui y habitaient sont chassés et menacés d’extinction. Pour ceux qui survivent, leur habitat se retrouve restreint, et on parle de fragmentation de l’habitat. Pour y remédier à petite échelle, on peut indiquer la présence d’animaux sauvages pour sensibiliser les usagers des infrastructures, mais également installer des passages alternatifs pour la biodiversité (comme des lianes ou des ponts au-dessus des routes pour les primates et les paresseux).

Victor présente un peuple amérindien que l’équipage a rencontré au Brésil, les Pataxo, qui luttent à leur propre échelle contre la déforestation, en plantant des arbres de la forêt tropicale.

La classe peut ensuite poser leurs questions  à Victor. Héloïse commence en lui demandant ce qui lui a donné envie de s’intéresser à la nature et aux sciences. Victor répond en expliquant que depuis tout jeune, il a toujours adoré faire des balades dans la forêt avec ses parents et aller à la plage et observer les poissons sous l’eau. Une fois adulte, Victor a choisi d’apprendre à réaliser des films et à prendre des photos, pour pouvoir photographier la nature et la montrer aux autres.

C’est ainsi qu’il en est venu à créer le projet Captain Darwin, pour partager au mieux la biodiversité fascinante, afin qu’on puisse mieux la protéger.

Une autre élève demande à Victor s’il avait déjà navigué avant ce projet. Il répond qu’il a grandi en faisant de l’optimiste l’été à côté de Lorient et qu’il aimait beaucoup ça. Pour mener au mieux l’expédition, Victor a dû apprendre à faire du voilier. Une dernière élève demande depuis combien de temps Victor et le voilier sont partis. Le Captain Darwin a pris la mer le 12 septembre 2021 depuis Plymouth en Angleterre, il y a donc maintenant plus de 4 ans et demi.

Pour terminer, Augustin présente à Victor le projet artistique que la classe compte présenter à la fête des Darwinigs. Les élèves vont réaliser un arbre en papier mâché pour représenter les différents étages de la biodiversité.