Nous avons retrouvé la classe de CP de l’école de Kernével à Rosporden pour leur visio-conférence avec Victor. Une fois connectés sur le vidéo-projecteur, Victor donne aux élèves des nouvelles de l’équipage et du voilier, qui quitte à ce moment les îles Galápagos et entame sa grande traversée de l’océan Pacifique en direction de la Polynésie française. Comme les élèves sont très curieux, Victor leur explique que l’expédition a été motivée par sa passion pour la nature et la photographie de la biodiversité. C’est également une exploration qui cherche à comparer les changements environnementaux depuis l’époque de Darwin et de son propre voyage.
Les élèves se demandent également comment l’équipage de quatre personnes cohabite à bord du voilier. Victor détaille donc la vie quotidienne à bord : le voilier dispose d’une cuisine bien équipée, et l’équipage peut cuisiner des repas équilibrés (légumes, riz, pâtes, et parfois du poisson frais qu’ils pêchent). C’est relativement confortable pour une cuisine en mer, et l’équipage peut rester autonome en mer pendant plusieurs semaines.
Victor partage ensuite avec la classe les observations d’animaux des dernières escales du Captain Darwin. Au Brésil, il a rencontré le paresseux, un mammifère fascinant, très lent, et dont le mode de vie est centré sur le sommeil et la nourriture. Le léopard de mer est un autre animal remarquable que l’équipage a observé en Patagonie : il vit dans les eaux froides, et on le reconnaît grâce aux taches qu’il a sur son corps.
Les élèves de Kernével présentent à Victor les observations de leur sortie naturaliste à l’abbaye Saint-Maurice de Clohars-Carnoët. L’objectif de la sortie était d’observer des chouettes effraies, et les élèves ont aussi découvert de nombreuses autres espèces… Ils racontent donc à Victor les espèces qui ont successivement habité l’abbaye. Maël, le garde du littoral du site, a expliqué à la classe que pendant un moment, des chauve-souris Grand Rhinolophes occupaient le grenier, avant d’être délogées lorsque les humains ont taillé le saule qui obscurissait l’entrée. Désormais, ce sont des chouettes effraies qui ont établi domicile dans le grenier. Les élèves ont observé les images capturées par des pièges photographiques nocturnes et constaté le changement de locataires du grenier : les activités humaines sur l’environnement ont un impact direct et drastique sur la biodiversité et son utilisation de l’espace.
Évidemment, les élèves n’ont pas pu apercevoir de chouettes effraies, car ce sont des oiseaux nocturnes.
Les élèves savent désormais faire la différence entre une chouette et un hibou, et partagent avec Victor un conseil : contrairement à la chouette, le hibou a des petites aigrettes sur le dessus de sa tête ! Maël a donné d’importantes informations sur la chouette effraie, et les élèves font de leur mieux pour les transmettre à Victor. La chouette crache des boules de réjection faite d’os et de poils, produit de son alimentation majoritairement composée de petits rongeurs. Pour arriver à les chasser avec succès, elle possède des plumes spéciales qui lui permettent de voler sans aucun bruit, et des griffes acérées pour les attraper au sol, ce qui fait d’elle une chasseuse redoutable. La chouette effraie est particulièrement reconnaissable grâce à son masque de plumes blanches en forme de cœur autour des yeux.
Après avoir écouté les observations des élèves lors de leur sortie naturaliste, Victor partage ses propres observations de la biodiversité au Chili, et particulièrement des interactions entre différentes espèces. Au Chili, l’équipage du Captain Darwin a fait la rencontre de deux espèces locales, le poudou et le renard de Darwin. Victor commence par montrer à la classe une vidéo, dans laquelle on aperçoit le poudou, un herbivore, attaquer le renard, soit un comportement vraiment inhabituel. Ces deux espèces sont directement menacées par la perte de leur habitat, la forêt chilienne. Le rôle du renard dans la biodiversité chilienne est vital pour la forêt, notamment parce qu’il disperse des graines de plantes, et sa disparition serait dévastatrice pour la forêt elle-même. Victor explique aux élèves que plusieurs efforts locaux œuvrent pour limiter la déforestation et plantent activement de nouveaux arbres. Cette protection des habitats de la biodiversité est une démarche également applicable en Bretagne.
Comme sur le site abbatial de Saint-Maurice, l’équipage du Captain Darwin s’est servi de pièges photographiques pour confirmer la présence du renard de Darwin, qui est très discret et difficile à traquer. Après plusieurs jours, Victor a enfin vu un renard, et a pu prendre de magnifiques photos de cet animal si difficilement observé à l’état sauvage.
La classe et Victor échangent ensuite les prochaines étapes du programme pédagogique. Ils devront bientôt réaliser une œuvre artistique inspirée de leur sortie naturaliste, à présenter lors de la fête des Darwinigs en juin. Plusieurs idées fusent, comme un jeu de devinettes sur les oiseaux, un livre collaboratif, et même une chouette effraie en papier mâché, à taille réelle (voire même plus grande). Victor leur annonce alors qu’il faudra qu’ils s’appliquent sur les détails : les plumes silencieuses, les griffes pointues, et le masque blanc en forme de coeur. L’idée est d’impressionner les autres participants à la fête, mais aussi de sensibiliser en donnant une présence à l’oiseau sur place.
Pour le jeu de devinettes, les élèves imaginent un quiz avec des cartes illustrées et des questions. Victor se propose de tester le jeu à distance, si la classe lui envoie les propositions de questions par mail. Les élèves proposent également la réalisation d’un livre illustré avec des informations sur la chouette effraie. Ils pourront ainsi partager leurs propres observations du site abbatial avec d’autres classes. Si la classe choisit de faire le livre, Victor espère recevoir un exemplaire dédicacé de ce super projet ! Victor et la classe de Kernével se quittent ainsi sur la promesse d’une création artistique originale et impliquant directement les élèves.
Certains élèves s’interrogent sur la gestion du risque quand Victor interagit avec des animaux sauvages. Pour Victor, qui a rencontré des centaines d’espèces au cours des dernières années, le plus important est de maintenir une distance de sécurité de plusieurs mètres avec les animaux, afin d’éviter les réactions défensives de leur part, et car on ne peut jamais prévoir leur comportement. Les animaux les plus impressionnants à rencontrer, selon Victor, ont été les requins et les léopards de mer.
La visio-conférence s’est terminée par une explication des prochaines étapes du voyage, et Victor prévoit un retour en France autour de juin 2027, avec encore 34 000 km restants à parcourir. Il a également communiqué aux élèves son souhait de venir visiter leur classe et celles des autres écoles partenaires à son retour en Bretagne, afin de partager l’expérience du voyage. Victor a souhaité aux élèves un bon reste de l’année scolaire, et a hâte de les revoir durant la fête des Darwinigs en juin ! Les élèves avaient encore plein de questions que nous avons fait parvenir à Victor, étaient tristes de dire au revoir, mais très heureux d’avoir enfin rencontré Victor et de partager leurs nouvelles connaissances naturalistes.

