Les élèves de l’école d’Elliant ont bravé le froid ce matin pour se rendre à la pointe de Raguénez, à la recherche d’un habitant de l’estran : le bernard l’hermite (ou bernard l’ermite, on trouve les deux orthographes).
Nous sommes accompagnés de Nathalie Delliou d’Esprit Nat’ure, ainsi que Danièle, Brigitte et Klervi.
Avant de partir à la pêche, Nathalie établit quelques règles importantes. Un rocher est une maison. Si on a envie de le soulever pour voir ce qui s’y cache, on n’oublie pas de le remettre dans le bon sens. La naturaliste fait le parallèle avec un géant qui viendrait soulever le toit de notre maison, les enfants sont d’accord pour dire qu’ils aimeraient autant que le géant repositionne le toit ensuite ! On dit qu’il faut 3 secondes pour retourner un rocher et que si on ne le remet pas correctement, il faut 3 ans pour que la maison se reconstitue. En effet, les espèces installées sous le rocher affectionnent particulièrement l’ombre, et seraient donc contraintes de déménager.
Nous formons trois groupes, et Danièle invite les enfants à se choisir un nom d’équipe. Pour nous, ce sera donc Océan !
La première espèce trouvée par les enfants est un bigorneau. Certains le connaissent parce qu’il est consommable. Nous avançons de flaque en flaque, à la recherche de trésors marins. Nous découvrons des anémones (tomates, fraises, vertes) et je montre aux enfants comment la faire s’ouvrir : en faisant des vaguelettes avec la main, je lui « fait croire » que la marée monte, et elle sort ses tentacules. Certains enfants s’amusent alors à les toucher délicatement, ce qui a pour effet de faire coller leurs filaments urticants aux doigts des petits curieux.
Nous découvrons de nombreux oursins, ainsi qu’un squelette d’oursin. Comme le hérisson, l’oursin est recouvert de piquants, dont la couleur varie : blanche, brune, et même violette !
Quand nous retournons les pierres, nous apercevons parfois des crabes essayer de s’échapper pour se soustraire à notre curiosité. Nous en attrapons plusieurs (dormeur, étrille, pierre) et Danièle nous explique comment faire la différence entre mâles et femelles, grâce à leur abdomen. Le mâle a un abdomen fin en forme de triangle, tandis que la femelle a un abdomen large afin de pouvoir accueillir les oeufs.
Les enfants sont très curieux, et courent de flaque en flaque en s’exclamant « Là j’ai trouvé quelque chose ! ». Nous découvrons des ophiures ou (« danseuses »), une espèce très proche de l’étoile de mer avec de très longs bras articulés, donnant l’impression d’une danse. Nous trouvons aussi de nombreuses étoiles de mer, très colorées. Certains enfants posent une étoile de mer dans leur main, sentant ainsi toutes les petites ventouses se coller à leur peau.
Un petit poisson au long corps intrigue les troupes : il a la tête d’un hippocampe ! C’est un nérophis, et c’est en effet le cousin de l’hippocampe.
La mer n’a pas fini de nous dévoiler ses trésors. La marée continue de descendre, et nous la suivons patiemment. Cette fois, c’est sur un lièvre de mer que nous tombons. Sorte de petite boule marron, il déploie ses tentacules (ressemblant à des oreilles de lapin) quand il est dans l’eau. Il est aussi capable d’émettre une substance mauve quand il se sent menacé, tel le poulpe crachant de l’encre.
Et le bernard l’hermite alors ? Nous en avons trouvé une grande quantité partout sur les rochers et dans les flaques. Quand on retourne la coquille de cet animal, au lieu de la « petite porte » qu’on trouverait si l’habitant initial du lieu était toujours là, ce sont deux petits pinces qui nous font face. Le bernard l’hermite, qui nous a évidemment vu venir avec nos gros sabots, ne laisse rien dépasser d’autre et reste bien dissimulé au fond de sa cachette.
A certains endroits, on dirait même que les bernards l’hermites se sont donnés rendez-vous tellement il y en a ! Nous en découvrons la raison lors du regroupement final avec Nathalie : elle nous explique que lorsqu’ils changent de coquille, ils émettent une odeur qui donne l’information aux autres qu’il va y avoir changement.
Dès qu’un bernard-l’ermite assez gros s’empare de la nouvelle coquille, il laisse sa coquille au suivant, et ainsi de suite jusqu’au plus petit d’entre eux. Ils ont un corps mou, habituellement caché, et c’est donc aussi à ce moment que se fait l’accouplement.
Enfin, Nathalie nous raconte que le bernard l’hermite vit parfois avec une anémone collé sur sa coquille. Quand il en change, il décolle l’anémone pour la recoller sur sa nouvelle habitation. L’anémone trouve des bénéfices à être promenée, et le bernard l’hermine profite des restes de nourriture de l’anémone.

