À Elliant, la classe bretonnante à multi-niveaux de l’école de la Vallée du Jet a effectué leur étape suivante du programme de sensibilisation, la visio-conférence avec Victor, depuis son voilier à l’autre bout du monde. Les élèves de grande section, CP et CE1 ont travaillé sur le bernard-l’ermite lors de sa sortie naturaliste sur le littoral à Raguenès. Aujourd’hui, ils vont pouvoir présenter à Victor ce qu’ils ont découvert, et en échange, découvrir ce que fait Victor depuis le voilier.
Victor a commencé par informer les élèves des dernières nouvelles du Captain Darwin : le voilier est enfin arrivé aux îles Marquises après une longue traversée de l’océan Pacifique, et il fait escale au village d’Atuona sur l’île d’Hiva Oa. Il s’est aidé d’une carte interactive affichée sur le vidéo-projecteur pour que les élèves visualisent mieux le trajet effectué par le voilier : il est parti de l’Angleterre, a traversé l’océan Atlantique, longé l’Amérique du Sud, passé le Cap Horn, remonté le long du Chili jusqu’aux îles Galápagos, avant d’entamer la transpacifique, soit près de 26 000 km depuis son départ.
Les élèves ont ensuite présenté à Victor la sortie naturaliste qu’ils ont faite à la pointe de Raguénez, et dont l’objectif était de trouver des bernard-l’ermites. L’activité s’est déroulée avec Nathalie Delliou d’Esprit Nat’ure, et des consignes précises ont été données pour garantir le bien-être de la biodiversité. En se présentant un à un à Victor, ils ont expliqué leur observation des bernard-l’ermites, de coquilles d’ormeaux et d’autres coquillages sur l’estran. Comment reconnaître le bernard-l’ermite : contrairement aux autres coquillages, on peut apercevoir ses pattes sortant de la coquille. Ils ont également cinq paires de pattes, dont une paire de pinces asymétriques, dont ils se servent pour grimper et se défendre.
Les élèves ont été enthousiastes de présenter à Victor un phénomène social unique auquel participent les bernard-l’ermites. Ces derniers se rassemblent périodiquement pour échanger leurs coquilles, lorsque l’animal devient trop grand pour la conserver. Ils s’alignent donc par ordre de taille décroissante et déménagent dans une nouvelle coquille ! C’est aussi lors de ce regroupement que les crustacés se rassemblent et se reproduisent.
Après en avoir appris un peu plus sur ces crustacés grâce aux élèves, Victor a proposé une comparaison avec le poulpe, un animal particulier qu’il a eu l’opportunité de rencontrer au Cap Vert. Il a partagé à l’écran de magnifiques images prises lors de plongées et détaillé l’équipement du plongeur, avant de faire réfléchir les élèves sur les points communs entre le bernard-l’ermite breton et le poulpe au Cap Vert. Deux éléments principaux ressortent de la discussion avec les élèves : la capacité d’adaptation et l’utilisation d’outils extérieurs pour se protéger.
En effet, le crustacé se sert de ses pinces et le poulpe des ventouses sur ses bras pour manipuler des objets de leur environnement. Le poulpe peut se cacher derrière des barrières qu’il fabrique, ou dans des moitiés de noix de coco, tandis que le bernard-l’ermite se retrouve parfois à troquer sa coquille naturelle pour des déchets plastiques humains. Cette comparaison a servi de rappel pour les élèves que la réduction de la pollution plastique est importante pour le bien-être de la biodiversité marine.
Les élèves avaient beaucoup de questions pour Victor, notamment sur la vie à bord du voilier, sur la gestion du sommeil. Victor a donc présenté et montré aux élèves la barre anti-roulis qui l’empêche de tomber du lit avec les mouvements du bâteau. L’équipage se réveille régulièrement et à tour de rôle pour surveiller la navigation, ce qui limite les périodes de sommeil à environ 6 heures.
Les élèves ont également été très curieux par rapport au quotidien entouré de toute la biodiversité marine. Victor a partagé être très heureux de pouvoir passer du temps à observer et côtoyer des oiseaux et les animaux marins, et de pouvoir montrer ses observations aux élèves en Bretagne. Il a aussi répondu aux questions des enfants sur la santé des animaux qu’il a rencontrés :
Victor a expliqué ce qu’étaient les espèces protégées et menacées, quelles étaient les menaces les plus destructrices et comment aider à protéger les espèces en danger.
Par exemple, le paresseux en Amazonie est menacé par la déforestation d’origine humaine, car la forêt constitue son habitat et son alimentation. Pour sa protection, plusieurs initiatives locales de reforestation sont en place, et participent activement à la conservation du paresseux. Les photographies de Victor à l’écran ont aidé les élèves à visualiser l’importance de la protection nécessaire des espèces vulnérables.
Victor a applaudi toutes les interventions et questions des élèves, avant d’apprendre que la visio-conférence coïncidait avec les 100 jours d’école. Pour l’occasion, les élèves ont assemblé un grand nombre “100” en papier, accroché au plafond de la classe, et artistiquement couvert de dessins de bernard-l’ermites multicolores !
Parmi les activités à venir pour Victor, la carte pédagogique va être mise à jour avec le contenu de l’arrivée de l’équipage aux îles Marquises, et il va s’occuper de l’étude des récifs coralliens. À la demande des élèves, nous partagerons des photos sur la pollution plastique et ses effets sur la faune marine. Avant de se dire au revoir, Victor a souhaité une bonne continuation aux élèves et à leurs projets, que nous reverrons en juin pour la fête des Darwinigs !

