les fourmis coupe-feuille
amérique du sud • brésil
Qui est la fourmi coupe-feuille ?
Présente en Amérique du Sud, la fourmi coupe-feuille est célèbre pour son organisation sociale et son « agriculture » : elle découpe des feuilles pour nourrir un champignon qu’elle cultive sous terre. Mais cette capacité impressionnante pose aussi problème : en quelques jours, une colonie peut défolier un arbre entier ou attaquer des cultures, provoquant des conflits avec les agriculteurs. Fascinantes et redoutées à la fois, elles rappellent combien la cohabitation avec la nature peut être un défi.
Fiche pédagogique
Cette fiche retrace la rencontre de Charles Darwin avec les fourmis, présente le mode de vie de cette espèce atypique, et vous propose des sources et des pistes pédagogiques pour proposer son étude avec vos élèves.
Pourquoi étudier la fourmi coupe-feuille ?
Un mode de vie atypique
En ramenant à la fourmilière les feuilles coupées afin de nourrir un champignon dont elle-même se nourrit, la fourmi coupe-feuille illustre l’un des plus anciens systèmes « agricoles » connus dans le règne animal !
Une porte d’entrée vers de grands enjeux
Les élèves découvrent comment l’agriculture conventionnelle favorise la prolifération de cette espèce, et comment les activités humaines transforment les écosystèmes.
Le travail des scientifiques
Ce thème permet d’aborder comment la science propose des solutions écologiques à court terme, tout en ouvrant une réflexion plus globale vers l’évolution des pratiques agricoles.
Pistes pédagogiques
Étude de son mode de vie
Étudier la fourmi coupe-feuille permet d’aborder avec les élèves des notions fondamentales de biologie, d’écologie et d’évolution à travers un exemple vivant remarquable. En effet, cette espèce illustre l’un des plus anciens systèmes « agricoles » connus dans le règne animal : les fourmis ne mangent pas directement les feuilles qu’elles coupent, mais les ramènent dans leur fourmilière pour y cultiver un champignon dont elles se nourrissent, ce qui correspond à une forme d’agriculture pratiquée par des insectes, bien avant l’humanité !
Sur le plan écologique et environnemental, ces fourmis jouent un rôle important dans les écosystèmes tropicaux : en décomposant la matière végétale, en recyclant les feuilles, en enrichissant le sol via leurs déchets, elles participent à la dynamique des cycles de nutriments et à la biodiversité.
Cela peut conduire les élèves à réfléchir sur l’interdépendance entre les organismes, l’importance des réseaux écologiques et les conséquences de la perturbation des habitats naturels.
Enfin, l’étude de l’espèce peut servir de tremplin pour aborder des thèmes transversaux : évolution (coévolution entre fourmis, champignons, bactéries), domestication (le champignon cultivé), microbiologie (symbioses, rôle de bactéries associées), adaptation, et même des comparaisons avec l’agriculture humaine.
La fourmi coupe-feuille, une porte d’entrée vers de grands enjeux environnementaux et sociétaux
Étudier la fourmi coupe-feuille peut aussi permettre d’utiliser son cas comme porte d’entrée vers des questions essentielles qui traversent les programmes.
Une espèce permet en effet d’accéder à tout un écosystème : ici, la fourmi ouvre la voie vers la forêt tropicale, la biodiversité, les relations entre êtres vivants, mais aussi vers l’impact des activités humaines sur les milieux. Son statut de « nuisible » dans certaines pratiques agricoles invite les élèves à exercer leur sens critique : qui décide qu’une espèce est nuisible ? Pourquoi l’est-elle devenue ? Ce questionnement amène à comprendre que la prolifération des fourmis coupe-feuille est souvent renforcée par nos propres modes de culture, notamment la monoculture, et qu’il existe aujourd’hui des recherches collaboratives entre scientifiques et agriculteurs pour développer des moyens de gestion plus naturels (champignons parasites, méthodes d’agroécologie, réduction des pesticides).
La fourmi devient alors un prétexte pour réfléchir au lien entre l’usage que nous faisons des espaces naturels et leur transformation, à la manière dont les sociétés humaines gèrent les ressources et interagissent avec le vivant.
À travers cette étude, les élèves peuvent ainsi observer et décrire des relations écologiques, comprendre comment les activités humaines modifient les écosystèmes, identifier les enjeux liés à l’exploitation des ressources naturelles, débattre de questions éthiques, environnementales et citoyennes, et adopter une posture responsable et éclairée vis-à-vis de la biodiversité.
La fourmi devient donc un fil conducteur simple, concret et stimulant pour aborder des notions complexes d’écologie, de développement durable et de citoyenneté environnementale, en cohérence avec les objectifs du socle commun et les programmes d’EDD, de SVT et d’EMC.
La fourmi vue par Victor et Charles Darwin
En 1832, au cœur de ses explorations, Charles Darwin fut impressionné par l’étonnant ballet des fourmis coupe-feuille, capables de tailler des morceaux de végétaux bien plus lourds qu’elles et de les utiliser pour nourrir leur jardin de champignons. Deux siècles plus tard, Victor reprend le fil de cette aventure scientifique : il plonge dans la forêt tropicale et fait découvrir aux élèves le même spectacle fascinant qui avait émerveillé Darwin.
Comparaison avec une espèce locale
Les fourmis ne sont pas les seuls animaux à avoir adopté une organisation sociale développée à ce point. Nombreux autres insectes, de la famille des hyménoptères, telles que les frelons ou les abeilles, connaissent un fonctionnement similaire. Nombreux sont les apiculteurs qui possèdent des ruches pour la production de miel ou de produits de la ruche. Il peut être pertinent, avec les élèves, de s’intéresser à l’organisation sociale d’une ruche et de comparer ce fonctionnement à celui des fourmis.
En vous rapprochant de professionnels, il sera possible de comprendre la composition d’une ruche, son fonctionnement et son organisation. S’il est possible d’approcher une ruche (avec du matériel adapté ou au sein d’un rucher dédié), vous pourrez observer les différentes ouvrières et, avec un peu de chance et d’observation, la reine.
Vous pourrez également parler des différents produits de la ruche que les abeilles récoltent ou fabriquent au départ pour leur propre fonctionnement, mais qui sont exploités par l’homme depuis probablement l’antiquité (pollen, propolis, gelée royale, miel, cire).
Côté fourmis, dans notre pays aussi, certaines espèces sont considérées comme invasives, comme la Tapinoma Magnum, qui a envahi tout un quartier du Maine-et-Loire.
Si elle ne ravage pas la végétation et n’est pas dangereuse, elle reste envahissante au point de devoir fermer certaines zones en attendant de trouver un moyen de la réguler.
À comparer près de chez vous
Comparez-la à des espèces qui vivent en colonies et démontrent une intelligence sociale comme les abeilles, les guêpes ou les termites !
En savoir plus
Article grand public
« Comment les fourmis découpent les feuilles » magazine Pour la Science
Un article qui explique comment les fourmis se repèrent pour couper une feuille de taille optimale.
Article grand public
« Les fourmis invasives – Mieux les connaître pour éviter leur dispersion » Fredon Auvergne Rhône Alpes
Document approfondi sur les fourmis invasives et leurs impacts, qui permet d’aborder comment certaines espèces deviennent « nuisibles » en dehors de leur milieu naturel.