Ce mardi 19 mai, la classe de CE2-CM1-CM2 de Billiers a rendez-vous avec Victor en visio-conférence pour la troisième étape de leur programme pédagogique. Il décroche depuis l’extérieur du voilier et montre l’océan aux élèves. Dehors, la météo est superbe, et la classe est très heureuse de voir en direct les paysages partagés par l’explorateur. Victor propose de localiser ensemble la Bretagne sur le globe de la classe, plutôt facile pour les élèves. Ils cherchent ensuite l’océan Pacifique et la Polynésie sur le globe, et Louis localise correctement l’archipel. La classe peut ainsi apprécier la distance les séparant du Captain Darwin et de son équipage.
Victor affiche à l’écran plusieurs images de l’étude des récifs coralliens en Polynésie. L’objectif est de comparer l’état des coraux 200 ans après l’expédition de Charles Darwin. Victor adore plonger, ce qui rend cette étude d’autant plus chouette pour lui ! Les élèves apprennent avec les photos ce qu’est un atoll : il s’agit d’une île en forme de cercle scindé, sur une fondation de corail. La classe devine correctement la nature du corail, c’est bien un animal, mais qui existe en symbiose avec une algue. En effet, il est composé de nombreux minuscules polypes qui, avec le temps, se construisent un squelette calcaire. Sur des milliers d’années, ces squelettes finissent par former de gigantesques récifs, et dans certains cas, des îles qu’on appelle des atolls.
Pour l’étude des coraux, Victor plonge avec Justine, Vetea et Nicolas. Ensemble, ils ont enregistré de superbes images des récifs en Polynésie. Ces récifs forment un habitat idéal pour la biodiversité marine, un peu comme une forêt en Bretagne. Ils vont proposer des abris et des cachettes pour la faune, un support pour la flore marine, et les deux cohabitent ainsi sur le récif corallien. On y trouve de nombreuses espèces de poissons, de crustacés, des requins, des algues et plein d’autres individus.
Victor interroge la classe, savent-ils quelle est la plus grosse menace pour la conservation des coraux ?
Un élève propose le plastique, qui a bien un impact nocif majeur sur la biodiversité marine, mais ce n’est pas le plus important. Une élève propose le réchauffement climatique, et c’est la réponse attendue par Victor.
En effet, le réchauffement climatique a de nombreuses conséquences catastrophiques, dont le réchauffement des océans. Bien qu’habitués aux eaux tropicales, les polypes composant les récifs coralliens sont sensibles et meurent quand la température de l’eau monte trop. Ce problème touche toute la planète, et agir pour préserver les coraux revient à agir pour ralentir le réchauffement climatique. La classe propose plusieurs initiatives : moins polluer, moins prendre l’avion, réduire l’usage de la voiture, etc.
Les élèves présentent ensuite la sortie naturaliste qu’ils ont pu faire en amont de la visio-conférence. Un premier élève présente l’école Théodore Monod dans le Morbihan et la classe multiniveau de 27 élèves. Monod était un naturaliste qui a découvert en Libye une plante qui porte désormais son nom, la Monodiella flexiosa. Une élève présente la sortie, durant laquelle la classe a cherché à observer des hirondelles.
Dans Billiers, les élèves ont vu des hirondelles rustiques sous le porche de l’église. Ils informent Victor que ces oiseaux aiment bien les constructions humaines ouvertes et lumineuses (garages, porches ou préaux). Elles peuvent y construire leurs nids, contre une poutre, à partir de boue, de terre et de salive avec leur bec. Les élèves ont observé les hirondelles entrer et sortir des nids, sûrement en train de les consolider. Victor demande combien d’œufs les hirondelles couvent dans leur nid, et si on peut les observer en Bretagne toute l’année.
Selon la classe, ce serait entre 4 et 6 œufs à la fois. Comme les oies, les baleines ou les saumons, les hirondelles sont une espèce migratrice : elles quittent nos régions après l’été pour hiverner dans des régions plus chaudes comme l’Afrique.
La classe a également discuté d’une autre espèce, les hirondelles de fenêtre. Contrairement aux hirondelles rustiques dont le nid est une sorte de bol ouvert, celui des hirondelles de fenêtre est une sphère complète, avec un unique trou en guise d’entrée. Une troisième espèce, l’hirondelle des rivages, construit son nid dans les falaises côtières. Pendant la sortie, les élèves ont dessiné les hirondelles rustiques qu’ils ont pu observer. Adèle a dessiné le nid bâti sur une poutre, et d’autres élèves montrent leurs dessins d’hirondelles à la caméra pour Victor. Pour observer une plus grande variété d’espèces d’oiseaux, l’école compte organiser un comptage avec la LPO lors de la dernière semaine d’école avant l’été.
Pour établir une comparaison entre les observations des jeunes naturalistes de Billiers et les études de l’expédition, Victor présente à la classe un oiseau que l’équipage a pu observer au Cap Vert. Composé de plusieurs îles, l’archipel abrite une riche biodiversité malheureusement menacée par différents phénomènes. Le Cap Vert est situé au large du Sénégal dans l’océan Atlantique, et Santa Antão, l’une des îles, se démarque par le contraste de paysage.
Toute la partie nord de l’île est verte et couverte de forêt sauvage, tandis que le sud est tout simplement aride. Victor explique aux élèves que météorologiquement, les nuages chargés de pluies arrivent sur l’île depuis le nord-ouest, où presque toute la pluie tombe, n’en restant plus pour la partie sud de l’île une fois que les nuages y arrivent.
Sur l’île désertique de Raso, pas loin de São Vicente, l’équipage a étudié l’alouette de Raso, un petit oiseau d’environ 12 cm de long, reconnaissable à la crête sur la tête. Elle est une espèce endémique de l’île, et Marcel propose de définir ce terme comme “une espèce qui ne vit qu’à un seul endroit sur notre planète”. Les plumes de l’alouette de Raso sont marron clair, une couleur qui lui permet de se camoufler facilement dans le paysage désertique de l’île.
La rareté des végétaux à Raso fait que l’alouette niche au sol, près des insectes dont elle se nourrit. Contrairement à la plupart des oiseaux que l’on connaît, l’alouette de Raso ne construit pas son nid à partir de matériaux déplacés, mais le creuse simplement à même le sol grâce à son bec.
Victor invite les élèves à réfléchir aux risques pesant sur l’alouette de Raso, ils mentionnent unanimement le réchauffement climatique, mais par quel mécanisme ? Sophia argumente que comme la terre se réchauffe, les insectes vont mourir et l’alouette n’aura plus rien à manger. Le principal problème quant à la survie de l’alouette est la disponibilité d’eau douce sur l’île de Raso. D’origine désertique, l’île est déjà très sèche, alors avec le réchauffement climatique, encore moins de pluie tombe sur l’île. La terre sèche est également défavorable aux insectes. L’alouette manque donc d’eau pour boire, et manque également peu à peu d’insectes et de graines pour se nourrir.
Elle est également vulnérable car son nid au sol peut facilement être détruit accidentellement par les humains et chassé par les rats et les chats, invasifs sur Raso. Pour remédier à ce problème, l’île a été classée comme une réserve naturelle protégée et interdite aux humains (sauf interventions scientifiques et naturalistes autorisées).
La classe réfléchit à des solutions supplémentaires pour garantir la conservation de l’alouette. Louis propose de mettre de l’eau douce pour qu’elle puisse boire. On essaye également de ralentir globalement de le réchauffement climatique car les conséquences sont dramatiques pour les animaux comme l’alouette de Raso.
La rencontre se termine par les nombreuses questions que les élèves posent à Victor : comment vit-on sur un bateau, qu’est-ce qu’on y mange, comment dort-on ? Victor se prête au jeu et fait visiter son bateau, au plus grand plaisir des élèves.
L’année prochaine, l’enseignante a pour projet de faire fabriquer des nids par les élèves, pour contribuer à la préservation des hirondelles. On a hâte de voir le résultat !

