La classe de CE2/CM1/CM2 de l’école bilingue Diwan de Trégunc a rendez-vous ce matin avec Victor pour la troisième étape de leur parcours pédagogique. Il montre à la caméra de son ordinateur ce qui l’entoure : le cockpit du voilier, le gilet de sauvetage sur ses épaules, et le ciel et la mer à l’extérieur. Le Captain Darwin arbore également un gwenn ha du parmi ses drapeaux.
Au moment de la rencontre, Victor est en train de publier les photographies de la Polynésie française, soit l’occasion de demander à la classe s’ils peuvent la situer sur le globe terrestre. Les élèves finissent par trouver l’Océan pacifique, la Polynésie, et la Bretagne, ce qui leur permet d’apprécier la distance les séparant de Victor.
Il montre à l’écran des images des îles polynésiennes, puis d’une autre sorte d’îles, les atolls. Les élèves découvrent que ces atolls sont en fait formés sur des siècles et des siècles de coraux qui ont fini par prendre la forme d’un anneau, dont la zone centrale s’appelle le lagon.
Victor propose de définir ensemble avec les élèves ce qu’est le corail, et les propositions sont nombreuses : c’est quelque chose de vivant, ce n’est pas un végétal ni un animal, c’est un animal qui ne bouge pas, etc. Finalement, le corail est à la base un animal, ou plus précisément un polype, un petit animal marin microscopique qui ressemble un peu à une anémone de mer. Cet animal vit en symbiose avec une algue, c’est-à-dire qu’ils s’aident l’un l’autre. Le polype ne peut vivre sans l’algue et inversement, la lumière du soleil est transformée en énergie par l’algue, qui va ensuite alimenter le polype.
Malo présente ensuite la classe. Les élèves apprennent et parlent le breton à l’école, et leur classe multi-niveaux compte 17 élèves. Certains parlent aussi le breton dans leur famille, d’autres simplement à l’école. C’est au tour de Marlon de partager avec Victor la sortie naturaliste qu’ils ont effectuée. La classe s’est rendue à la pointe de Trévignon, près de Trégunc, pour observer l’alouette des champs. Le littoral de Trévignon est un espace naturel protégé, offrant un habitat parfait pour sa biodiversité.
Accompagnés par Raphaële de la LPO, les élèves ont utilisé des jumelles pour observer les oiseaux : des cygnes, des poules d’eau, et la fameuse alouette des champs. Ils ont eu la chance de voir plusieurs parades nuptiales de cet oiseau, au cours desquelles le mâle vole très haut avant de retomber à pic pour impressionner les autres alouettes. Eliott présente à Victor la fiche d’identité remplie par la classe pour l’alouette des champs. Elle fait partie de la famille des passereaux, et de la sous-famille des alaudidae.
L’alouette habite en campagne dans les prairies, les zones cultivées et en jachère, avant de migrer vers la péninsule ibérique et d’y rester de septembre à février pour éviter l’hiver breton. Les alouettes observées lors de la sortie revenaient donc tout juste de leur hivernage ibérique. L’alouette des champs se nourrit de petits insectes, de larves, d’araignées, de petits mollusques et de graines. Son nid est fait d’herbes sèches, et la femelle couve ses 3 à 5 œufs au sol. Les deux parents nourrissent les oisillons. Malheureusement, l’alouette des champs est menacée par l’agriculture humaine, notamment les machines qui passent dans les champs, ainsi que l’usage des pesticides. La classe propose une démonstration du chant de l’alouette, et validé par Victor.
Raphaële a proposé aux élèves plusieurs initiatives pour aider à protéger l’alouette des champs : ne pas marcher sur leurs nids au sol, continuer de faire des céréales au printemps pour qu’elles puissent se nourrir, ne plus utiliser de pesticides ni d’insecticide, bien rester sur les sentiers tracés, et ne pas couper l’herbe trop basse pour leur laisser leur habitat.
Pour faire un lien avec l’expédition et les espèces observées par l’équipage du Captain Darwin, Victor propose de comparer l’alouette de Raso à l’alouette des champs. Au début du voyage, le voilier s’est arrêté aux îles du Cap Vert, au large de l’Afrique de l’Ouest. Là-bas, Victor a cherché à observer un oiseau que Darwin avait lui-même vu et décrit dans ses textes. Il projette à l’écran une photo de l’île de Raso, au paysage désertique, mais à la biodiversité foisonnante. L’île est en effet un refuge parfait pour les oiseaux, surtout les oiseaux de mer. On y trouve tous types d’oiseaux, comme le phaéton à bec jaune, mais celui qui nous intéresse, c’est l’alouette de Raso, endémique de l’île, et malheureusement menacée d’extinction.
Elle est reconnaissable grâce une espèce de petite crête qu’elle a sur la tête. L’alouette de Raso fait partie du même genre que celle des champs, les alauda. Les deux espèces partagent plusieurs comportements, comme la nidification, l’alouette de Raso niche elle-aussi au sol. L’île étant inhabitée, elle n’est pas menacée directement par l’activité humaine.
Par contre, l’alouette de Raso est vulnérable face aux prédateurs et aux espèces invasives, qui peuvent manger ses œufs, facilement accessibles au sol. Elle subit également les conséquences du réchauffement climatique : comme il pleut moins sur l’île, l’accès à l’eau douce est limité, et sans eau, l’oiseau est en danger.
Il y a pourtant plusieurs solutions pour protéger l’alouette de Raso. Victor rappelle aux élèves les deux menaces principales, les animaux invasifs et le réchauffement climatique. Un élève propose de mettre des pièges pour les rats. C’est un peu ce qui a été fait sur l’île de Raso, elle a été déclarée inhabitée, pour mener à bien des campagnes pour enlever toutes les espèces invasives menaçant l’alouette. Aujourd’hui, elle n’a plus de prédateurs et peut nicher tranquillement au sol. Pour ralentir le réchauffement climatique, la classe propose d’arrêter de polluer, en diminuant les déchets et l’usage des véhicules à essence.
Plusieurs élèves curieux demandent à Victor comment il prend les photos qu’il publie sur la carte pédagogique. Il en profite alors pour leur montrer directement le drone qu’il utilise. Il ne peut l’utiliser qu’avec des autorisations spéciales, car les endroits naturels sont majoritairement protégés et disposent de statuts particuliers. Pour le récupérer en mer, il faut être deux, une personne qui pilote, et une qui le rattrape au vol, avec un gant pour se protéger la main.
La classe passe donc au temps des questions, commençant par « Combien d’espèces Victor a-t-il étudiées ? ». Selon Victor, l’équipage en serait désormais à environ quinze espèces étudiées depuis le départ du voilier. Les élèves se demandent si certains animaux ne sont pas agressifs, mais Victor les rassure, car les animaux sont globalement calmes tant qu’on respecte leur espace.
Une élève demande ensuite quelles espèces sont en voie d’extinction aux îles Galápagos. Là-bas, Victor a étudié l’iguane marin, mais une autre espèce est grandement menacée, la tortue géante des Galápagos.
À une époque, les marins capturaient ces tortues en quantité pour leur nourriture en mer, cette pratique est désormais illégale.
Les élèves interrogent ensuite Victor sur le confort à bord du voilier. Pour la chaleur, l’équipage dispose de petits ventilateurs, très appréciés. Ils peuvent également cuisiner comme sur terre avec des plaques, un four, et un évier. Victor montre le garde-manger qui se trouve sous sa banquette, avec des céréales, des carottes, et même du chocolat. Enfin, la classe demande à Victor si l’équipage a déjà traversé des situations compliquées. Il répond qu’évidemment, par exemple, l’équipage a déjà navigué par temps de tempête, et c’est très impressionnant. Dans ces situations, l’équipage prépare le voilier en rangeant les voiles, en verrouillant tout et en se mettant à l’abri. Les dernières questions ont été transmises à Victor, qui ne manquera pas d’y répondre. La classe dit Kenavo à Victor, et ils se reverront pour la fête des Darwinigs !

