Les élèves de la classe de Mousterlin sont sortis ce mardi matin à la pêche au plancton.
Nous quittons la classe de bon matin, 50 minutes de marche nous séparent de la cale de Mousterlin. Sur la route, Gwénaëlle, l’enseigante, en profite pour inviter les élèves à porter leur attention sur les signes du printemps : les chants des oiseaux, les bourgeons de feuilles et de fleurs, les primevères…
Une fois sur la pointe, Noëlla (de l’association Cap vers la nature) sort les épuisettes et explique aux élèves comment s’en servir pour pêcher du plancton. Les mailles de cette épuisette sont tellement fines qu’on ne voit pas les trous. Comme le plancton est quasiment invisible à l’oeil nu, on ne pourrait donc pas le récolter à la main dans une épuisette classique. Celles-ci ont été bricolées par Noëlla, qui a remplacé le fond, initialement composé de mailles, par une petite bouteille en verre.
Une fois les consignes données, les élèves se répartissent par groupes et nous nous dirigeons vers le bout de la cale. Chacun leur tour, les élèves se munissent de l’épuisette et font des ronds dans l’eau, pour ramasser un maximum de plancton. Une fois la petite bouteille pleine d’eau et de matière en suspension, elle est vidée dans une plus grande bouteille, et l’épuisette est passée au voisin.
Le retour en classe se fait en bus, notre pêche soigneusement protégée dans une glacière.
Une fois en classe, le contenu des bouteilles est réparti dans des bocaux (un par élève), et ces derniers sont invités à décrire ce qu’ils peuvent voir à l’oeil nu.
Les descriptions sont variées : des « trucs » qui se déplacent, des yeux, des formes de visage, des minis méduses… Ensuite, Noëlla fournit à chaque groupe un petit filtre, pour concentrer le plancton et l’observer plus facilement au microscope électronique.
Elle passe ensuite de groupe en groupe pour récolter des prélèvements à la pipette, et dépose des gouttes sur une lame, qui est posée ensuite sur le microscope. Le résultat observé est projeté au tableau : ça bouge dans tous les sens ! Noëlla essaie même de rediluer le prélèvement tellement il est concentré, ce qui nous empêche de bien voir.
Nous prenons ensuite du temps pour essayer de nommer ce qui s’affiche au tableau, grâce à une clé de détermination, et les élèves dessinent certains organismes.
Parmi eux, nous identifions de l’Oïkopleura, un de nos cousins selon Noëlla : en effet, il fait partie de la famille des Cordés, qui possède une colonne vertébrale !
Nous observons deux grandes familles de plancton : le zooplancton (animal) et le phytoplancton (végétal). Le phytoplancton, c’est des petites algues qui captent les nutriments de l’océan, et fabriquent leur propre énergie avec le soleil. Elles captent le CO2 et relarguent de l’oxygène. La moitié de l’oxygène présent dans l’atmosphère et que nous respirons provient du phytoplancton ! Au delà de forêts, il est donc important de préserver aussi nos océans. De plus, le phytoplancton est à la base de toute la chaîne alimentaire des animaux marins : le zooplancton s’en nourrit, puis est lui-même mangé par des animaux un peu plus gros comme des sardines, eux-mêmes mangés par des plus gros poissons, etcetera !
Noëlla nous apprend que certains restent plancton toute leur vie, d’autres ne sont plancton que lorsqu’ils sont des larves (comme la larve de balane, petit crustacé qui passe sa vie d’adulte accroché à un support comme un rocher, une baleine, voire la cale de la pointe de Mouterlin).
Mais alors, c’est quoi un plancton ?? Première proposition de définition : « c’est quand c’est tout petit ! » Noëlla rejette cette idée : les méduses aussi c’est du plancton. Être un plancton n’est donc pas une question de taille, mais plutôt de mode de déplacement. Tous les organismes qui se laissent emporter par le courant sont du plancton. Même s’ils sont capables de bouger très légèrement, ils ne peuvent pas aller contre le courant.
Enfin, certains ont des supers pouvoirs : ils sont lumineux ! La matinée s’arrête sur ces belles découvertes, et la prochaine mission des élèves sera de raconter tout cela lors de la visio avec Victor, qui aura lieu en mai !

