Ce mardi 9 avril, une belle aventure nous attend ! La première de ce type, avec cette thématique, depuis le début de l’année de Captain Darwin. Après de nombreuses observations d’oiseaux de toutes sortes, nous nous mettons en quête de trésors marins avec la classe de l’école primaire du centre-ville de Concarneau.
Une fois de plus, c’est Nathalie Delliou d’Esprit Nature qui va nous faire découvrir la biodiversité de Concarneau. Nous commençons en classe pour nous remettre en tête une multitude d’informations. Par exemple, comment se nomment les nageoires des poissons ? À quoi leur servent-elles ? De la nageoire pectorale à la ventrale, en passant par la caudale, tout est une histoire d’évolutions. Les branchies, par exemple, servent à respirer aux poissons et aux crustacés. Ces filtres accrochent l’air présent dans l’eau en mouvement et permettent ainsi une respiration bien pratique, contrairement aux baleines qui sont contraintes de remonter à la surface puisqu’elles sont des mammifères, et non des poissons. Dans la grande famille des poissons, il y a aussi les requins, qui possèdent des écailles tellement fusionnées que cela forme une peau lisse.
De plus, les poissons disposent d’un organe incroyable que nul autre ne possède : il s’agit de la ligne latérale. Cette ligne fonctionne comme un “sonar” qui capte les déplacements des autres poissons, leur permettant de se mouvoir en groupe sans collision. On en aurait bien besoin dans nos voitures ! Et pour en revenir aux nageoires, les gobies sont un bel exemple d’adaptation et d’évolution. Si les saumons ont des nageoires pointues pour la vitesse, les gobies ont aplati leurs nageoires pour “se poser dessus” lorsqu’ils s’immobilisent sur le sable. Les poissons sont des animaux incroyables, capables d’imitation et de mimétismes pour se fondre dans leur paysage.
Voilà, nous sommes rodés et prêts à comprendre ce que nous allons observer à la plage des Sables Blancs de Concarneau !
Nous enfilons nos bottes et partons pour la plage. En chemin, nous croisons les doigts, car l’horizon est bien noir et nous craignons que la pluie ne s’abatte sur nous. Après un quart d’heure de marche, Nathalie nous donne les règles à suivre :
• Un rocher, c’est une maison ! Il peut mettre jusqu’à trois ans à recréer l’ensemble de la vie qu’il abritait, alors quand on prend un rocher, on le remet à sa place.
• On essaie de ne pas trop crier et de ne pas courir dans les rochers.
• Personne ne doit avoir les mains dans les poches, car s’il/elle tombe, il faut pouvoir se rattraper pour ne pas se blesser.
• Ne pas faire de mal aux animaux prélevés, car ils seront remis dans l’estran à la fin de notre sortie !
De plus, quelques invités sont présents : des bénévoles de l’association Esprit Nature. Ils sont trois, chacun d’entre eux prend un groupe de cinq élèves, et part en quête des trésors du retrait du large. C’est une grande marée, donc il y a beaucoup à explorer.
Dès nos premiers pas, nous rencontrons un cadavre de méduse. C’est une espèce répandue dans les eaux bretonnes, et lorsqu’elle est en vie elle est de couleur bleu marine ! Comme l’eau s’est retirée il y a une heure déjà, nous avançons, loin des autres groupes, pour observer ce qui se cache sous les rochers.
Pas de chance finalement, une averse nous tombe dessus, et après plusieurs minutes où la crainte de devoir abandonner la sortie qui venait à peine de commencer se fait sentir, la pluie laisse place à un beau soleil ! Voilà une source de motivation de taille pour nous encourager à continuer notre expédition ! Et vous, croyez-vous que Darwin n’ait eu que du beau temps pendant son voyage ?
Un peu plus loin, nous trouvons une éponge commune, reconnaissable à sa couleur orange. Des berniques aussi, qui ont formé leur coquille de sorte à être parfaitement hermétiques sur leur rocher. Qui les reconnaissent entre mille, littéralement ! Car elles reviennent toujours à leur place, grâce à une enzyme qui leur sert à se repérer. Des bigorneaux, des moules, des huîtres, un monde de coquillages, de mollusques, et de bivalves s’offre à nous.
Des hermelles attirent notre attention avec leurs bioconstructions en sable qui recouvrent la plupart des rochers. Plus nous avançons, plus nous atteignons la zone de marée. C’est l’endroit propice pour trouver des crabes, et il y en a plein qui sommeillent ! Nous suivons les indications de Nathalie pour les trouver : les rochers doivent revenir à leur place et nous ne prélevons que les plus gros.
Le premier, c’est un crabe vert, il a de la mousse sur la carapace, il est plutôt verdâtre, mais il a une couleur rouge vif sur le ventre. Près de lui, il y a aussi des porcelaines, des petits crabes très plats et fins, aux formes hérissées. Dans des zones plus abritées, d’autres groupes trouvent des crevettes grises, dites communes !
L’heure de remonter sonne, au travers du sifflet de Nathalie ! Nous nous dirigeons vers la plage, et nous croisons de nouveau des méduses échouées. Puis un oursin commun vide, sûrement dévoré par un oiseau. Un jeune cormoran nous observe de loin depuis les rochers, c’était sûrement son repas. Nous nous pressons pour rejoindre les groupes.
Comme dit au début, chaque prélèvement va rejoindre la mer alors ne les faisons pas attendre trop longtemps. Les groupes de Nathalie et d’Esprit Nature se sont mieux pris que nous, et en ont trouvé facilement les gobies. Nous faisons ensuite un point tous ensemble pour voir ce que chacun a trouvé ! Ainsi, les connaissances sont partagées en tout point et tout le monde aura vu la même chose !
Nous nous pressons de rentrer à l’école après avoir salué et remercié les membres d’Esprit Nature pour le partage de leurs connaissances. Une fois en classe, chacun et chacune se débarrasse de ses bottes, car c’est l’heure de manger, et tout le monde a grande faim après cette matinée riche en émotions.
Notre prochain rendez-vous se fera sans Nathalie : ce sera la visioconférence avec Victor. Nous comparerons les observations de notre estran avec celles du poulpe que Victor a observé au Cap-Vert.
