le poulpe

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Qui est le poulpe ?

Au large de l’Afrique de l’Ouest, le Cap-Vert est un archipel semi-aride aux ressources naturelles fragiles. Dans ses eaux riches en biodiversité vit le poulpe commun, une espèce présente dans de nombreuses mers peu profondes et réputée pour sa grande intelligence.
Doté de huit bras attachés à la tête, de trois cœurs et d’un sang bleu, le poulpe ne laisse pas indifférent. Maître du camouflage, il peut changer de couleur (une capacité déjà observée par Charles Darwin à l’époque) et libérer un nuage d’encre pour se protéger. Vivant sur l’estran et dans les cavités rocheuses, il y chasse et y pond ses œufs . Fascinant et ingénieux, le poulpe est un symbole de résilience (il peut même régénérer un bras perdu !).

Fiche pédagogique

Cette fiche retrace la rencontre de Charles Darwin avec le poulpe, présente le mode de vie de cette espèce à l’intelligence très déceloppée, et vous propose des sources et des pistes pédagogiques pour proposer son étude avec vos élèves.

Pourquoi étudier le poulpe ?

Des caractéristiques atypiques

La morphologie du poulpe est particulière : il possède 8 tentacules,  3 cœurs et un sang bleu. Jusqu’à 240 ventouses par tentacule lui permettent d’adhérer à tout support, et il a aussi la capacité de changer de couleur afin de se camoufler.

Une illustration de la théorie de l’évolution

Nous partageons un point commun avec les poulpes : la structure de nos yeux ! Une suprenante similitude appelée « Notion d’évolution convergente » : quand des espèces différentes développent des organes assurant la même fonction.

La question des pressions humaines

Beaucoup d’espèces, dont le poulpe du Cap-Vert, voient leur survie menacée : pêche, changement climatique, etc. Heureusement il existe des solutions : au Cap-Vert, les Réserves naturelles protègent certaines zones marines.

Pistes pédagogiques

Étude de son mode de vie

La morphologie du poulpe est singulière et immédiatement reconnaissable. Il possède huit tentacules directement reliés à la tête, chacune équipée de jusqu’à 240 ventouses qui lui permettent d’adhérer solidement à presque tous les supports et de manipuler avec précision son environnement. Son anatomie interne est tout aussi étonnante : le poulpe dispose de trois cœurs et d’un sang bleu, caractéristique liée à la présence d’hémocyanine, une molécule efficace pour transporter l’oxygène dans les eaux froides ou pauvres en oxygène.
Maître du camouflage, le poulpe est capable de changer rapidement de couleur afin de se dissimuler. Cette faculté lui permet d’adapter sa teinte au milieu dans lequel il évolue : dans les eaux profondes, il adopte généralement une coloration pourpre brunâtre, tandis que dans les zones peu profondes ou sur l’estran, sa couleur s’éclaircit jusqu’à devenir vert jaunâtre.
En cas de danger, il peut également projeter un nuage d’encre, un moyen de défense efficace pour désorienter ses prédateurs et faciliter sa fuite.
Le poulpe est aussi reconnu pour sa grande intelligence et ses comportements complexes. Afin de mieux comprendre ses capacités cognitives, des tests du miroir peuvent être utilisés pour observer sa réaction face à son propre reflet. Une réaction agressive peut indiquer qu’il perçoit l’image comme un autre individu, tandis qu’une attitude calme et curieuse suggère une possible reconnaissance de soi. Lors de l’expédition, l’utilisation de miroirs et de caméras a permis de documenter de fortes interactions, offrant une première approche pour étudier l’auto-reconnaissance et les facultés mentales de cet animal fascinant.

La notion d’évolution convergente

La notion de convergence évolutive est particulièrement intéressante pour expliquer la théorie de l’évolution. Elle désigne le fait que des espèces différentes, parfois éloignées sur le plan évolutif, peuvent développer des organes assurant la même fonction, non pas parce qu’elles partagent un ancêtre proche, mais parce qu’elles ont été soumises à des contraintes environnementales similaires. Ainsi, à partir de mutations aléatoires, la sélection naturelle peut conduire à l’apparition de structures comparables chez des espèces peu ou pas apparentées.
L’exemple de l’œil du poulpe illustre parfaitement ce phénomène. Bien que les yeux des céphalopodes « voient » de manière comparable à ceux des humains, le chemin évolutif qui a conduit à cette fonction est différent. Chez certains groupes de céphalopodes, des structures visuelles très similaires ont émergé indépendamment, sous l’effet de conditions de vie proches, malgré l’absence de liens de parenté étroits. C’est précisément ce mécanisme que l’on appelle la convergence évolutive.
L’étude des yeux chez d’autres céphalopodes permet d’enrichir cette réflexion. Le nautile, par exemple, possède un œil dépourvu de cornée et de lentille, souvent considéré comme simple, voire primitif. À l’inverse, les autres céphalopodes présentent des yeux très sophistiqués, au point d’être fréquemment comparés à ceux des vertébrés. Cette diversité au sein d’un même groupe montre comment différentes solutions évolutives peuvent apparaître pour répondre à une même fonction : voir et s’adapter à son environnement.

Pression humaine

Le poulpe est aujourd’hui confronté à plusieurs pressions, liées à la fois à l’environnement et aux activités humaines. Le changement climatique modifie les écosystèmes marins, tandis que la pêche, notamment l’utilisation du poulpe comme appât, exerce une pression directe sur ses populations. Par ailleurs, les grands prédateurs naturels du poulpe, tels que les requins et les gros poissons, sont moins nombreux qu’à l’époque de Darwin, ce qui modifie les équilibres naturels des écosystèmes marins.
Si ces facteurs interagissent entre eux, la principale menace pour le poulpe ne semble pas être l’environnement en lui-même, mais bien la pression humaine.
Cette situation soulève une question essentielle : comment préserver durablement les populations de poulpes ? La mise en place d’aires marines protégées apporte des réponses concrètes. Au Cap-Vert, la déclaration de certaines zones maritimes en réserves naturelles permet de limiter l’impact de la pêche et de contribuer à la protection de cet animal emblématique, tout en favorisant un meilleur équilibre des écosystèmes marins.

Le poulpe vu par Victor et Charles Darwin

En 1832, Charles Darwin avait déjà été intrigué par le poulpe commun, mais il ne pouvait l’étudier qu’en surface. Deux siècles plus tard, l’expédition Captain Darwin est retournée au Cap-Vert avec des équipements modernes pour explorer sous l’eau la vie de Octopus vulgaris. Grâce à ces plongées, les scientifiques ont confirmé la présence de poulpes jusqu’à 30 m de profondeur, observé des accouplements et réalisé des tests comportementaux, comme des réactions à un miroir, offrant de nouvelles pistes pour comprendre leur intelligence.

Comparaison avec une espèce locale

Il peut être intéressant de faire réfléchir les élèves sur la nécessité de s’adapter à leur environnement pour les êtres vivants, afin d’assurer leur survie. Le poulpe commun étant assez répandu, on peut facilement se rapprocher d’associations permettant de faire découvrir le littoral afin d’en apprendre plus sur les habitudes des poulpes de nos côtes et qui sait, peut-être avoir l’occasion d’en observer un de près !
Outre le poulpe, il peut être intéressant d’amener les élèves à se questionner sur d’autres animaux qui ont développé diverses capacités d’adaptation. Voici quelques exemples :
– Le phasme, qui, par mimétisme, imite les branches sur lesquelles il vit ;
– Le caméléon, qui modifie la couleur de sa peau en fonction de son environnement ;
– Les femelles de nombreuses espèces de canards (canard colvert, fuligules, sarcelles), dont la couleur du plumage se confond avec les roselières dans lesquelles elles s’abritent pour couver leurs œufs ;
– La mouche ou le gecko, dont les pattes leur permettent, par divers procédés, de s’agripper sur n’importe quelle surface.
Pour conclure ce temps d’étude, les élèves peuvent être à réfléchir sur les stratégies d’adaptation des animaux vivants dans leur environnement proche et qu’ils côtoient facilement (milieu forestier, marin ou côtier, marais, montagne, etc…).

À comparer près de chez vous

Comparez le poulpe à des espèces qui imitent leur environnement pour se camoufler, comme le phasme, ou au poulpe commun présent en Méditerranée.

En savoir plus

Vidéo externe

« Poulpes fiction » C’est pas sorcier, 2013
Poulpes, calmars et seiches sont des céphalopodes. Leur point commun ? Ils ont les pieds sur la tête ! Fred, Jamy et Sabine dressent le portrait de ces étonnants mollusques marins.

Article grand public

« Les stratégies adaptatives des animaux aux conditions du milieu »  Conservation Nature
L’article présente différentes adaptations développées par les êtres vivants, afin d’assurer leur survie, leur pérennité et leur reproduction.

Vidéo externe

« Camouflage dans la nature – Les maîtres du déguisement »
Une vidéo qui montre différents camouflages mis en place par des espèces d’insectes, de poisons, etc;