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Les forêts, des Malouines à Châteaulin

18 Déc 2025 | Sensibilisation

Ce matin, la classe de 6ème du collège Jean Moulin de Châteaulin a rendez-vous avec Victor pour leur visio-conférence. Une fois connecté, Victor se présente et commence par faire un rappel de l’expédition et des motivations du voyage, grâce à une carte interactive sur le grand écran. Une fois parti, le voilier a rejoint le Cap Vert, les îles Malouines et la Patagonie, avant de remonter le long du Chili. Victor donne aussi quelques nouvelles de l’expédition aux élèves. Il se trouve à ce moment-là aux îles Galápagos et l’équipage est en pleine étude des iguanes marins !

L’équipage utilise des caméras sous-marines pour observer le comportement de ce lézard aquatique qui se nourrit d’algues marines. L’étude de l’iguane vise à en apprendre plus sur les types d’algues qu’il consomme, et à documenter sa technique de nage. Victor partage avec les élèves des images inédites de cette espèce qui n’est que peu observée de cette manière.

La classe présente ensuite à Victor la sortie naturaliste qu’ils ont pu faire dans la forêt proche du collège. Accompagnés par le syndicat du bassin versant de l’Aulne, ils ont pu s’essayer au protocole scientifique nommé « indice de biodiversité potentielle en forêt ». Ils expliquent à Victor comment ils ont évalué différents critères comme la diversité des espèces d’arbres, la présence d’arbres vivants ou morts, les micro-habitats, et la présence de cours d’eau.

Le déroulement du protocole a duré un peu moins de deux heures, durant lesquelles les élèves ont couvert une surface d’au moins deux terrains de football. Ils ont appris l’importance de la présence d’arbres morts, qui servent d’habitat à la biodiversité, notamment les pics.

Les élèves décrivent à Victor le phénomène de croissance du boisement sur plusieurs décennies, ainsi que le rapport avec l’apparition progressive des habitats humains urbains. Ils dénoncent la pollution, notamment les décharges sauvages, comme facteur aggravant du non-respect de l’environnement. La classe est unanime quant à la nécessité d’un engagement citoyen collectif pour la protection des espèces naturels vulnérables. Victor a applaudi cette prise de conscience de la part de la classe entière.

Les élèves de 6ème lui ont ensuite présenté brièvement la création artistique qu’ils vont exposer lors de la fête des Darwinigs en juin. Avec leurs professeures d’arts plastiques et de SVT, la classe a conçu des maquettes représentant différentes forêts, leurs écosystèmes et la complexité des habitats naturels.

Après avoir écouté les observations des élèves, Victor se propose de leur présenter le travail d’Alyssa Adler, une scientifique états-unienne qui a rejoint l’équipage pendant quelques jours lors de leur escale aux îles Malouines. Alyssa prépare une thèse dont l’objectif est de comparer les populations de kelp, cette longue algue marine, entre les hémisphères nord et sud. Elle plonge jusqu’à 25 mètres de profondeur pour faire des observations très précises de la masse des algues, ainsi que de la biodiversité adjacente. Pour cela, elle utilise une fiche imperméable pour écrire ses notes, et un filet pour ranger ses échantillons au loin d’une plongée.

Alyssa récolte des échantillons de kelp pour réaliser sur terre des analyses génétiques et chimiques qui lui permettront d’évaluer l’impact du changement climatique sur l’algue. En effet, l’eau qui se réchauffe impacte directement la biodiversité marine : les espèces adaptées au froid disparaissent et les espèces tropicales prédatrices colonisent peu à peu leurs espaces. Les forêts de kelp servent d’habitat et de terrain de pêche pour plusieurs espèces, et notamment de zone de ponte pour le calmar pélagique. La disparition des forêts sous-marines impacte directement la survie de cette espèce. Les observations récoltées par Alyssa permettront de mieux sensibiliser sur la gestion et la protection de l’écosystème fragile du kelp.

Les élèves posent plein de questions à Victor, principalement sur le voilier et les conditions logistiques de l’expédition scientifique. Victor décrit ainsi le Captain Darwin comme un « bateau-laboratoire », permettant des études naturalistes longues et isolées. Il possède une cuisine complète, un frigo, et des réserves alimentaires pour plusieurs semaines, ce qui va notamment permettre à l’équipage d’effectuer dans les mois qui viennent une grande traversée de l’océan Pacifique vers la Polynésie française.

Finalement, Victor et la classe se disent à bientôt, ils se reverront en juin pour la fête des Darwinigs !