Ce matin, la classe de CE1-CE2 de l’école Sainte-Thérèse à Concarneau est partie à la recherche d’oiseaux et de petites bêtes pour leur sortie naturaliste. Guidés par Raphaële de la LPO, nous sommes allés à pied dans un parc proche de l’école, et l’objectif était d’écouter et d’identifier quelques oiseaux locaux.
Une fois sur place, on s’arrête et on fait le silence, c’est le minimum pour avoir une chance d’écouter les oiseaux dans leur habitat. Les élèves imitent les bruits qu’ils entendent, et Raphaële identifie pour eux les oiseaux : par exemple, le tchif-tchaf répétitif appartient au pouillot véloce ! On entend également le troglodyte mignon, l’un des plus petits oiseaux d’Europe, qui est reconnaissable à sa queue relevée. Il pousse un chant fort, ponctué de notes stridentes et de trilles rapides.
Après cette introduction, la classe fait un tour du parc en observant tout ce qui peut s’y trouver. On repère les différentes essences d’arbres, et on observe le premier oiseau de la journée, un rouge-gorge, qui a pourtant la gorge bien orange.
Les élèves apprennent ainsi que le terme pour la couleur orange n’existait avant pas en français et que les naturalistes de l’époque utilisaient le rouge pour désigner le orange. Après que le terme orange entre dans le dictionnaire (avec l’arrivée du fruit éponyme en France), on n’a pas jugé nécessaire d’adapter le nom de l’oiseau, d’où cet usage de la couleur rouge. D’autres oiseaux se montrent peu à peu, un merle, un second merle, puis un pinson.
On s’arrête devant un grand arbre, et Raphaële demande aux élèves quels sont les différents rôles des arbres. « L’arbre sert à faire du papier et des meubles ! » Raphaële propose donc de réfléchir aux arbres en oubliant le rôle de l’humain. Les élèves proposent les réponses suivantes : l’arbre capte le carbone et rejette de l’oxygène pour respirer (comme le phytoplancton), l’arbre retient de l’eau, l’arbre produit des fruits qui alimentent la biodiversité, et les cachettes et cavités de l’arbre offrent une maison aux oiseaux. Les élèves font ainsi le lien entre les arbres du bois et les oiseaux qui les habitent.
« Que peut-on trouver autour d’un arbre ? » Les élèves regardent autour d’eux et répondent : autour d’un arbre, on trouve des oiseaux et des petites bêtes. Raphaële utilise un schéma pour expliquer aux élèves l’organisation du sol au pied d’un arbre. Les feuilles mortes se décomposent avec les autres déchets naturels, et avec l’aide des phytophages, des zoophytophages et autres décomposeurs, ce mélange va produire des sels minéraux et du humus, qui vont venir alimenter les plantes et les arbres en nutriments.
La classe repère un petit nichoir tout en haut d’un grand conifère et Raphäele explique aux élèves à quoi servent les nichoirs installés par les humains. En vieillissant, les arbres forment des cavités dans leur tronc et leurs branches, qui servent de maison pour les oiseaux. Malheureusement, l’activité humaine interrompt le vieillissement des arbres, qui développent de moins en moins de cavités. On installe donc des nichoirs artificiels pour leur proposer des sites alternatifs de nichage. Plusieurs élèves témoignent avoir installé des nichoirs dans leurs jardins avec leurs parents. Le nichoir en question dans le parc a été installé pour les oiseaux de la taille d’une mésange.
Raphaële a organisé deux activités concentrées chacune sur les oiseaux et les insectes. La classe se divise donc en deux groupes, les ornithologues et les entomologues. Les spécialistes des insectes forment des binômes et partent à la recherche des petites bêtes du sol à observer à l’aide de leurs boîtes-loupes. Pendant quinze minutes, ils retournent les feuilles mortes, grattent le sol autour des arbres, et inspectent la terre du parc.
Une fois que chaque binôme a récolté au moins un spécimen, on leur distribue une clé d’identification. En comptant le nombre de pattes de leurs petites bêtes, ils peuvent ainsi déterminer plus précisément leurs espèces. Certains ont ainsi attrapé des iules (qui ressemblent à des milles-pattes), des opiliones (aussi appelés faucheurs), des staphylins, et même un minuscule acarien !
Les spécialistes d’oiseaux ont quant à eux pour mission d’identifier des images d’oiseaux que Raphaële a installé à distance dans le bois. Par binôme, les élèves s’organisent pour observer les oiseaux avec des jumelles, et nomment tour à tour deux espèces différentes à l’aide d’un livret d’identification des oiseaux. Après cela, ils remplissent une fiche d’identité d’une des deux espèces avec les informations importantes : le nom de l’oiseau, son apparence détaillée, son habitat.
Ils terminent la fiche par un dessin du spécimen. Même avec les jumelles, l’activité demande de la réflexion car beaucoup d’oiseaux se ressemblent, mais chaque binôme finit par identifier et dessiner son oiseau.

