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L’école du Centre-Ville à la recherche de l’écureuil roux

2 Mai 2022 | Sensibilisation

La classe de CE1/CE2 d’Émilie Jaffrézic, de l’école du Centre-Ville de Concarneau, a choisi il y a quelque temps l’espèce qui ferait l’objet de la sortie naturaliste du jour : l’écureuil roux. Afin de repérer les lieux fréquentés par cette espèce sur le territoire concarnois, les élèves ont lancé un appel à la population paru dans Ouest-France et dans Le Télégramme au début du mois d’avril. Les réponses reçues ont ainsi permis d’identifier le site de la sortie : le bois du Porzou.

Le 26 avril 2022, Nathalie Delliou, d’Esprit Nat’ure, est à nouveau présente. Avant de partir sur les traces des écureuils, il faut d’abord introduire quelques éléments pour mieux comprendre leur morphologie, leur comportement, leur alimentation, puis les menaces qui pèsent sur cette espèce.

On commence par le visionnage d’une courte vidéo d’introduction à l’espèce. À la fin de la projection, Nathalie interroge les enfants : « Qu’est-ce qu’un écureuil mange ? » Les élèves énumèrent de nombreux aliments. On récapitule : les écureuils raffolent de noisettes et, plus généralement, de fruits à coque, mais aussi de champignons, de châtaignes, de petits fruits et surtout des cônes de pins ou d’épicéas.

Puis vient la question suivante : « Quels éléments permettent de bien reconnaître un écureuil roux ? » Les élèves débordent d’idées. Nathalie rassemble les observations identifiées puis nous explique qu’il s’agit d’un mammifère au pelage roux, parfois brun ou même noir, doté de pattes aux longues griffes, qui lui servent à se nourrir et à s’agripper aux arbres. Il possède également des dents marquées et de petites oreilles qui, au printemps, présentent souvent une extrémité évoquant la forme d’une flamme. L’écureuil est aussi doté d’une longue queue, de la taille de son corps (entre 20 et 30 cm selon l’individu), qui l’aide à garder l’équilibre et à se réchauffer lorsqu’il dort, en s’enroulant autour de lui comme dans une écharpe.

Mais si l’on ne le voit pas, comment savoir s’il est présent dans notre jardin, dans le parc voisin ou dans le bois où nous allons nous rendre ? Comme la plupart des espèces, l’écureuil laisse des indices de son passage : traces de pattes, griffes, restes de nourriture ou nids. Et oui, bien souvent on pense à tort que l’écureuil vit dans des cavités des troncs, mais en réalité il construit plutôt un grand nid où il met bas. Un écureuil aura entre un et deux petits dans l’année. Cependant, la vie est très dure pour lui : sur cent nouveau-nés, seuls dix à douze atteignent l’âge d’un an, les autres succombant à la prédation. La durée de vie d’un écureuil est d’environ sept ans, précise Nathalie. Revenons à la construction du nid : ce dernier, qui lui servira à passer l’hiver, est constitué de larges branchages liés par de nombreuses feuilles.

Saviez-vous que l’écureuil ne hiberne pas, mais hiverne ? La grande différence réside dans le fait que, lors de l’hivernation, l’animal alterne entre des phases de sommeil et des moments consacrés à la recherche de nourriture. En automne, l’écureuil roux fait des réserves afin de profiter plus longtemps de l’abondance alimentaire. Il va cacher ses découvertes dans les troncs ou enterrer des graines dans le sol ; parfois, il les oublie, et c’est ainsi qu’il finit par semer des forêts.

En évoquant les forêts, il est maintenant temps de se diriger vers le bois du Porzou.

À leur arrivée, avant de partir prospecter, les enfants prennent connaissance des causes de disparition de l’écureuil roux, cette espèce protégée dont les populations sont actuellement en déclin. Parmi les menaces figure l’écureuil gris, porteur d’une maladie mortelle pour l’écureuil roux et qui détourne à son profit des ressources alimentaires. Pour l’instant, il n’est présent que dans quelques parcs des grandes villes et dans le nord de la France, précise Nathalie. L’Homme est également fortement impliqué dans le déclin des écureuils : les constructions perturbent et diminuent considérablement leurs déplacements entre les arbres. Ils souffrent donc de la fragmentation de leur habitat et, notamment, de l’exposition forcée au trafic routier.

Les écureuils ont aussi quelques prédateurs. Parmi eux, au sol, on trouve les renards, les chiens et les chats ; dans les arbres, la martre des pins et les rapaces se montrent redoutables.

Place maintenant à l’activité pratique. Nathalie donne les consignes : l’idée est de s’éparpiller par petits groupes dans le bois pour ramasser le maximum d’indices qui seront ensuite identifiés. Après un bref rappel des signes à rechercher, c’est parti !
– Pommes de pin rongées
– Fruits à coque cassés
– Traces de griffes sur l’écorce des arbres
– Fèces
– Nids dans les arbres

Les élèves sont motivés : ils cherchent, fouillent et observent avec attention les signes de présence. Le petit groupe situé près de la piscine trouve de nombreuses pommes de pin grignotées, quelle chance ! Dans certaines zones il est plus difficile d’en dénicher, car elles sont moins nombreuses. Au bout d’une heure, une belle quantité d’indices a été rassemblée ; il est maintenant temps de déposer toutes les trouvailles et de se munir des fiches d’identification.

Pour reconnaître facilement une pomme de pin rongée par un écureuil, il suffit de constater la présence évidente des écailles. Le mulot fait l’inverse, précise Nathalie : il laisse un trognon bien propre, sans aucune écaille. Pour ce qui est des fruits à coque, l’écureuil coupe nettement la coquille en deux, tandis que le mulot laissera une empreinte ronde sans la casser. Les enfants se concertent, puis constatent qu’il y a énormément de cônes de pin grignotés par les écureuils : les Concarnois ayant répondu à l’enquête avaient vu juste !

Et si nous levions maintenant les yeux vers la cime des arbres pour observer la présence de nids ? Nous semblons en distinguer un ou deux dans le bois, mais par manque de visibilité nous ne pouvons pas confirmer cette observation.

Nous n’avons pas vu d’écureuil, mais pas de panique : Nathalie a plus d’un tour dans son sac. Connaissez-vous le land art ? Cela consiste à utiliser ce qu’offre la nature pour créer une œuvre artistique dans ce même lieu naturel. Les enfants ont pour mission de réaliser un bel écureuil, mobilisant leurs souvenirs de la morphologie de l’espèce. Ils parcourent la forêt en tous sens pour trouver des morceaux de bois, des brindilles, des pommes et des épines de pin qui viendront enrichir leurs créations.

Les CE1/CE2 d’Émilie Jaffrézic sont de véritables artistes.

Le premier écureuil, en partant de la gauche, est très imposant : le petit groupe a vu les choses en grand, car il mesure presque deux mètres, de quoi impressionner plus d’un ! Le second groupe a réalisé un écureuil très original puisqu’il s’agit d’une œuvre en trois dimensions : une pomme de pin pour la tête, des branches et des feuilles pour le corps, puis de belles épines de pin pour la queue. Tandis que les deux derniers ont comme un air de famille : si l’on cherche les ressemblances, on retrouve la même posture, la même queue faite d’épines mortes pour évoquer la couleur rousse de l’animal, et pour finir, ces deux petits écureuils semblent manger des pommes de pin, quels gourmands !