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Du ciel à la terre en passant par le chêne

17 Jan 2023 | Sensibilisation

C’est en ce jeudi 12 janvier, annoncé pluvieux, que la classe de 3ᵉ du collège de Rosporden est allée découvrir plus en profondeur les merveilles de son Aire Terrestre Éducative (ATE). Cette sortie avait un objectif bien précis : les élèves de Rosporden ont été mis en relation directe avec ceux du collège de Stanley, aux Îles Malouines, où se trouve actuellement Victor, pour échanger sur la biodiversité de leurs territoires respectifs. Car la Bretagne offre un paysage très différent de ce que l’on peut observer aux Malouines, ce qui rendait pertinent que chaque classe mette en lumière son écosystème phare : ici, la forêt ; là-bas, des étendues à la végétation rase, propres à ce climat océanique sub-arctique.

Une présentation en classe permet à Yannick, Julien, Marina et moi-même de nous présenter aux 30 élèves qui nous font face, ainsi que de répartir les groupes avec chaque intervenant. C’est une sortie un peu inhabituelle pour tous, car nous n’allons pas étudier une seule espèce mais bien un écosystème dans sa globalité, et ce en un temps record, puisque Julien, notre météorologue attitré, a bien étudié les prévisions : il va pleuvoir autour de 16 h, et pas que quelques gouttes.

Yannick introduit les végétaux en s’appuyant sur le chêne, une espèce emblématique de nos forêts, et développe leurs interactions avec l’atmosphère et la terre.

Gwennaelle et Marina, elles, proposent un atelier de pistage de la faune sauvage afin d’apprendre à reconnaître les indices de présence des animaux. C’est une expérience plus visuelle et sensible du milieu qui est ainsi offerte aux élèves, un moment de communion avec la nature.

Quant aux groupes qui seront avec moi, je les emmène à la pêche aux zooplanctons d’eau douce, en espérant que notre récolte sera fructueuse !

Après un rappel des consignes de respect de la nature et une courte marche du collège jusqu’à l’ATE, nous nous retrouvons dans la forêt. Yannick arrête la classe au pied d’un chêne centenaire pour parler de l’écosystème forestier. C’est avec clarté et justesse qu’il explique le processus de photosynthèse : les arbres créent leur propre nourriture en absorbant le gaz carbonique de l’atmosphère et l’énergie lumineuse du soleil, qu’ils combinent avec l’eau et les sels minéraux du sol. Ils génèrent ainsi protéines, lipides et glucides, et rejettent en plus de cela de l’oxygène dans l’atmosphère, ce qui nous permet de respirer.

Puis chaque intervenant réunit son groupe pour trente minutes d’atelier. L’activité sur la faune sauvage et les traces d’animaux débute par quelques questions : « Savez-vous ce qu’est le pistage ? », demande Gwennaelle. Les réponses, quel que soit le groupe, renvoient à des idées liées au ski ou au sauvetage dans les avalanches. Gwen leur explique alors que le pistage consiste à trouver, identifier et suivre les traces d’un animal pour tenter de le retrouver. Les réponses fusent, allant des plumes aux empreintes de pattes, des fèces aux restes de nourriture. Marina précise que l’on a plus de chances d’en apercevoir près des arbres, dans la boue ou au bord de la rivière. Une minute de silence est ensuite demandée pour écouter les bruits de la forêt : la pluie sur les feuilles, le bruissement des ailes d’un oiseau, le chant d’une mésange bleue et de quelques corneilles. Cette pause, en plein cœur de l’effervescence de la sortie, offre une parenthèse presque méditative où chacun est invité à sentir ce qui l’environne.

Il est alors temps de partir en quête des indices laissés par les habitants de l’ATE. Très motivés, les élèves se dispersent pour ramener un maximum d’indices : feuilles mangées, glands ou châtaignes consommés, plumes d’oiseaux… Certains trouvent même un terrier, qui, d’après notre spécialiste Marina, n’est plus habité.

Yannick aborde ensuite, avec son groupe, des notions physiologiques et écologiques plus avancées. Il pose la question : « Mais alors, d’après vous, qu’est-ce qui fait que l’on est une espèce ? ». Les élèves proposent diverses réponses, certaines proches de l’idée de caractéristiques physiques ou du langage. Yannick conclut en expliquant qu’une espèce regroupe des individus capables de se reproduire ensemble.

Vient ensuite l’atelier zooplancton : il faut redescendre quelques mètres vers une zone d’eau stagnante parallèle à la rivière. Les élèves, équipés de filets, de filtres et de microscopes connectés à des tablettes, explorent l’univers microscopique de la vie planctonique. Les organismes observés, mobiles et éphémères à l’écran, suscitent éclats de rire et émerveillement, notamment lorsque quelques espèces comme le cladocère et peut-être même une daphnie apparaissent sous leurs yeux.

À 16 h, la pluie arrive en fines gouttes, puis s’intensifie. Capuches sur la tête et imperméables sur le dos, nous prenons une dernière photo de groupe que nous enverrons aux élèves des Malouines, avant de rentrer, heureux d’avoir malgré tout pu mettre le nez dehors et se glisser dans la peau d’un naturaliste en cette après-midi de janvier ! Gwennaelle, à la tête de la petite troupe, scande « Il est où le soleil ? » en espérant une réponse poétique, et les élèves lui retournent en chœur un « Il n’est pas là ! », joyeux et complice.

La journée se termine en classe, où des échantillons d’eau sont apportés pour observer le plancton au sec, ainsi que des échantillons de terre scrutés au microscope. Chaque groupe s’affaire avec enthousiasme jusqu’à la sonnerie finale. Malgré des conditions météorologiques peu engageantes, l’après-midi fut un succès. Dans quelques semaines, les élèves pourront échanger avec la classe des Malouines sur la forêt qu’ils ont maintenant mieux comprise ; et surtout, ils le feront en anglais !