C’est sous un soleil éclatant et un froid glacial que les CE2 et CM1 de l’école de Névez sont accueillis ce 23 janvier au Marinarium de Concarneau. Au programme, une présentation du poulpe aux côtés de Sébastien Cadiou, une visite du Marinarium ainsi qu’une sortie sur l’estran pour observer les espèces qui l’habitent et comprendre les liens prédateurs-proies qui s’y jouent.
Sébastien offre une présentation du poulpe très complète : de la famille à laquelle il appartient à son mode de camouflage en passant par son alimentation, rien n’est caché aux élèves. Sébastien les interroge à plusieurs reprises. « D’après vous, qu’est-ce qui caractérise le poulpe et pourquoi appartient-il à l’embranchement des mollusques ? ». Des mains se lèvent : « C’est parce qu’il n’a pas d’os qu’on dit que c’est un mollusque ».
Oui, mais, généralement, quand on classe des espèces, on les relie par ce qu’elles ont en commun et non par ce qu’elles n’ont pas, leur dit-on. Ainsi, ce qui relie les mollusques est leur corps mou ainsi que l’absence de vertèbres : on parle d’animaux invertébrés. On y classe les escargots, les huîtres, les couteaux ou encore les seiches. Les élèves apprennent également qu’il y a deux types de mollusques : ceux avec une coquille et ceux qui n’en ont pas.
Les oreilles sont attentives et les bras continuent de se lever à chaque nouvelle question. Sébastien en vient à présenter les interactions prédateurs-proies qui régissent l’environnement du poulpe, ce qui permet à chacun de se rendre compte des multiples relations qu’il peut y avoir dans un même milieu. Le poulpe est de plus en plus présent en Bretagne car, d’après notre spécialiste, il y a moins de congres pour le prédater.
Ainsi il prolifère et, étant lui-même un prédateur vorace, s’accapare les homards, les coquilles Saint-Jacques et autres bivalves qui habitent l’océan.
Les mains se lèvent pour tenter de répondre aux questions de Sébastien, avec en prime une jolie vue sur la baie de Concarneau.
C’est ensuite le moment de visiter le Marinarium et de plonger dans les eaux bretonnes. Nous descendons en petits groupes observer les différentes espèces qui sont exposées dans les aquariums. Une merveille de poissons et d’algues s’offre à nous. Dans le premier aquarium, nos yeux s’écarquillent devant un syngnathe. Son museau en trompette est impressionnant ! Il lui sert à aspirer sa nourriture, en grande majorité du plancton mais aussi de petits alevins, ces larves de poissons à peine écloses.
Il y a même un hippocampe. Il se tient droit, altier, et nous observe depuis son eau. Nous observons ensuite des anémones de mer. Attention, nous dit François, lorsque l’on touche une anémone avec ses doigts, ses tentacules s’accrochent et sont pourvus de cellules urticantes. Il ne faut donc surtout pas se toucher les yeux sinon ça brûle et ça pique !
Dans les autres aquariums, les enfants sont ébahis devant des homards, des ormeaux, une plie dont le corps aplati et la bouche en biais nous font bien rire, de grosses araignées de mer ainsi que des spirographes.
On passe ensuite au moment tant attendu : la sortie sur le terrain ! De petits groupes sont constitués avec les parents d’élèves ainsi que les naturalistes qui nous accompagnent.
Nathalie Delliou est de la partie, ainsi que Sébastien et aussi Baptiste le Bourg. Ils nous permettent de mieux nommer les espèces que l’on rencontre, mais aussi de mieux les comprendre et de mieux les connaître.
La consigne est toujours la même lorsque l’on sort sur l’estran : on peut observer, prendre dans sa main pour voir de plus près l’espèce trouvée, on peut même s’aider de seaux et de filets de pêche pour ne pas trop perturber les crabes et éviter qu’ils ne s’échappent par un tour de passe-passe. Mais attention : on a l’obligation de remettre les spécimens dans la nature et on doit replacer les pierres que l’on soulève méticuleusement.
Chaque pierre nous révèle les trésors cachés de l’estran. On y observe des étoiles de mer, glaciaires ou communes, des crabes divers et variés tels que le crabe vert ou le crabe de pierre, des anémones vertes et fraises, des éponges encroûtantes, de nombreuses ophiures ou encore des patelles. Tant d’espèces que l’on n’a pas l’habitude de rencontrer alors même qu’elles se situent à portée de main.
François indique à un petit groupe un crabe vert. Il le tient dans sa main et nous explique : « Le mâle se distingue de la femelle lorsqu’on le retourne sur le dos et que l’on observe l’abdomen. La femelle a un abdomen large et arrondi pour accueillir ses petits tandis que le mâle a un abdomen triangulaire et étroit. »
Une des élèves prend le crabe dans sa main, le retourne et regarde attentivement l’individu : « C’est un mâle celui-ci ! », s’exclame-t-elle.
Gagné, l’abdomen est bien triangulaire et étroit ! Félicitations pour cette première observation naturaliste ! La consigne a bien été entendue ; les explorateurs respectueux de la nature relâchent les spécimens qu’ils ont trouvés.
Nous sommes accompagnés de Léo Marrec, un jeune naturaliste qui vient prendre quelques clichés de cette belle nature et de cette sortie. Il nous rapporte des photos superbes et inattendues, notamment celle d’un macropode dit à long rostre. Sa silhouette grêle le rend fragile à nos yeux, d’autant plus qu’il a été trouvé sous une pierre. Nous le replaçons délicatement en faisant attention à ne pas l’écraser.
C’est un organisme qui aime se trouver dans les herbiers de posidonies, ces plantes qui sont comme des poumons de la mer, faites de longues feuilles vertes rubanées d’un centimètre de large pouvant atteindre cent mètres de longueur. Et d’ailleurs, cela tombe bien : François nous montre qu’effectivement il y a un herbier découvert par la marée juste à côté de notre zone d’observation.
Très sensibles à la pollution, leur présence est un bon marqueur de la qualité de l’eau d’un environnement. Ce sont des zones de nurserie pour les poissons juvéniles et elles permettent également de contrer l’érosion du littoral grâce à leurs rhizomes – sortes de racines qui maintiennent le sable. Cependant, en Méditerranée comme sur la côte atlantique, les herbiers sont de moins en moins denses ou présents à cause de la pollution des eaux et de l’arrachage par les ancres.
Léo a également pu prendre en photo ce qui semble être un goéland argenté en pleine alimentation. Il tient dans son bec une étoile de mer, peut-être une espèce commune ? L’alimentation du goéland est vraiment diversifiée : il mange autant des poissons et des crustacés que des vers de terre ou même des restes d’ordures.
Nous nous rejoignons pour une dernière photo de groupe et nous nous disons au revoir. La prochaine étape pour les élèves : créer une vidéo en stop motion qui parlera du poulpe et de ses relations avec les autres habitants de l’estran. Nous avons hâte de découvrir cette prochaine œuvre !

