La classe de 5ᵉ du Collège des Sables Blancs est sortie sur l’estran concarnois pour observer ces animaux fascinants. Animée par Nathalie Delliou, cette sortie s’annonçait pluvieuse, mais riche en découvertes. Une première présentation en classe a permis de mieux cerner ce qui constitue cet embranchement si particulier du vivant. Ces animaux possèdent un exosquelette formé de chitine et de carbonate de calcium, à la fois robuste et souple.
La chitine, produite par les crustacés, leur offre une protection efficace face aux prédateurs. Nathalie prend longuement le temps d’expliquer les particularités des crabes : ce sont en effet les crustacés que l’on rencontre le plus souvent sur l’estran. Ils sont pourvus d’un exosquelette, la carapace, qui enveloppe l’ensemble de leur corps, ainsi que d’un squelette interne qui soutient leurs organes et leurs muscles.
Ces deux squelettes n’augmentent pas de taille de manière synchrone, et c’est pour cette raison que les crabes muent fréquemment. Ils respirent grâce à leurs branchies et sont capables de survivre hors de l’eau pendant un temps considérable, puisant l’eau dont ils ont besoin dans l’humidité de l’air. Avant de passer au quiz, d’autres détails intéressants leur sont donnés sur la régénération de leurs membres, leur régime alimentaire ou encore leur mode de déplacement.
Nous nous rendons ensuite à la plage de Cornouaille, chaussés de bottes de pluie et vêtus de k-ways. Plusieurs consignes sont données aux groupes : chacun doit trouver des crustacés et les classer dans les bacs mis à disposition sur les rochers. Il faut les ranger par espèces ou familles et veiller aux interactions : si deux crabes deviennent agressifs l’un envers l’autre, ils sont séparés dans des bacs différents. Une activité sur le plancton est également proposée.
L’objectif est d’échantillonner du plancton marin pour l’observer au microscope sur tablette. Avant de débuter, une dernière consigne est rappelée aux élèves : remettre toujours exactement au même endroit les roches que l’on soulève ! Un habitat met en effet jusqu’à trois ans à se reconstituer parfaitement, il faut donc y prêter la plus grande attention.
Ceci étant dit, chaque groupe, muni d’un seau et d’une épuisette, se met en quête de crustacés sur les rochers. Tout le monde s’affaire et découvre des organismes insoupçonnés. Nathalie est bien sûr présente pour les aider à les identifier.
Plusieurs crabes sont débusqués sous les rochers, mâles et femelles, que l’on peut distinguer grâce à un dimorphisme sexuel : les mâles ont un abdomen plus étroit et en forme de triangle, tandis que celui des femelles est plus large et légèrement arrondi.
Cette particularité permet aux femelles de porter leurs œufs quelque temps avant de les relâcher dans l’eau pour qu’ils éclosent. Les élèves trouvent aussi de nombreux autres organismes marins. On observe des étoiles de mer communes, des ophiures, des blennies ou encore une limace de mer appelée éolis à papille.
Les découvertes ne s’arrêtent pas là ! On trouve également des balanes, ces crustacés fixés aux rochers, constitués de plaques qui s’ouvrent et se ferment selon la marée pour laisser sortir les « cires », un organe en forme d’éventail chargé de capturer les particules en suspension dans l’eau, source de nourriture précieuse pour l’animal. Les élèves repèrent aussi un syngnathe, le Nerophis lombric, reconnaissable à son petit museau en trompette. La femelle de cette espèce est capable d’adopter des couleurs très vives lorsqu’arrive le temps de la reproduction. Un détail amusant chez ce petit organisme marin : chez cette espèce, ce sont les mâles qui portent les œufs sous leur abdomen, ce qui permet de reconnaître aisément le spécimen observé.
Les bacs se remplissent après une heure de collecte. À l’aide de guides d’identification et de l’application Bernic&Clic, les élèves s’efforcent de nommer les espèces qu’ils ont devant eux. Plusieurs espèces de crabes sont identifiées : crabe vert, crabe de pierre, porcelaine grise, étrille, tourteau et crabe marbré.
Une deuxième activité est proposée : dessiner trois espèces de son choix. Les élèves s’appliquent avec soin et réalisent des croquis d’une grande précision. Certains s’essaient à dessiner différents types de crabes, d’autres dessinent l’étoile de mer glaciaire ou encore la limace de mer. Ces dessins naturalistes leur permettront de fixer visuellement les observations qu’ils viennent de faire. Des détails comme la forme de la carapace des crabes ou le nombre de bras des étoiles de mer sont ainsi retenus, et pourront être présentés lors d’une visioconférence où ils compareront les crabes au poulpe du Cap-Vert. Le thème de cette comparaison : bien que crabes et poulpes vivent tous deux sur l’estran, ils l’habitent de manière très différente.
De beaux croquis ont été réalisés, et les espèces observées peuvent désormais retourner dans leur habitat naturel. Chacun s’affaire à vider délicatement les bacs et à décoller les organismes qui s’accrochent aux parois, comme l’éolis ou le ver de mer.
Pour conclure ce moment enrichissant, les élèves remercient Nathalie pour leur avoir fait découvrir cet environnement merveilleux. Ils espèrent vivement que la prochaine rencontre, prévue en mai pour une visioconférence avec Victor, sera tout aussi riche en enseignements.

