Le vendredi 26 janvier, Captain Darwin rejoint la classe de CE2 de l’école de Keramporiel, accompagné d’Audrey, ornithologue professionnelle, pour une sortie mémorable sur la voie verte à la recherche des pinsons des arbres et des pinsons du nord. Pour cette occasion, Audrey rappelle à tous l’objectif de notre mission : observer le pinson du nord, ou pinson des arbres, deux espèces fascinantes par leur proximité avec les célèbres pinsons de Darwin. Ces petits oiseaux, souvent aperçus dans nos forêts de hêtres, raffolent des faînes, ces graines que l’on rencontre fréquemment.
Les pinsons sont des espèces familières que l’on croise sans toujours prêter attention, et pourtant chaque indice compte lorsque l’on est en quête d’une espèce. Les pinsons du nord se distinguent par un ventre jaune orangé très caractéristique, tandis que les pinsons des arbres présentent un plumage mêlant les teintes de l’hiver, ce qui les rend souvent plus difficiles à observer. Audrey avertit les élèves qu’il est peu probable que nous apercevions des pinsons du nord, car aucun individu n’a été signalé dans la région depuis le début de l’année 2024. Toutefois, l’espoir demeure : peut-être serons-nous les premiers à en observer un en Bretagne cette année.
Avant de commencer l’aventure, nous prenons le temps de présenter l’outil indispensable de tout ornithologue en herbe : les jumelles. Savoir les utiliser correctement est essentiel. La mise au point, le réglage de la distance et la stabilité sont autant d’éléments clés pour tirer pleinement parti de l’expérience. Rapidement, le rappel est effectué, car la plupart des élèves ont déjà utilisé des jumelles chez eux.
Habitués de la voie verte, les élèves nous guident sur le sentier. Notre première surprise vient lorsque la nature nous réserve une rencontre inattendue : un nid de frelons. Cette découverte nous rappelle l’importance de rester attentifs à l’environnement. Bien que ce nid ne soit plus actif, ce n’est qu’avec les jumelles que nous pouvons confirmer qu’il ne s’agit pas d’un nid d’oiseau, car vu d’en bas, sa forme nous laisse hésiter.
Au cours de la sortie, nous consacrons une partie du temps à l’observation d’oiseaux furtifs, certains si rapides qu’ils disparaissent presque aussitôt. Malgré leur rareté, plusieurs élèves affirment avoir aperçu des pinsons du nord ! Avec seulement une chance sur mille de les voir, nous préférons toutefois nous concentrer sur la diversité des oiseaux autour de nous. Entre les branches, nous distinguons une grive musicienne, reconnaissable à ses taches sur le poitrail, puis quelques buses variables évoluant dans le ciel, tandis qu’Audrey nous explique comment les différencier des autres grands oiseaux.
Un jeu ponctue notre journée : le jeu de l’arbre, une activité ludique destinée à localiser les chants d’oiseaux. Audrey explique que pour savoir si un oiseau est présent, l’ouïe est parfois aussi précieuse que la vue. Certains ornithologues reconnaissent un oiseau d’après son chant avant même de l’apercevoir.
Les enfants restent immobiles et attentifs, dessinant une croix sur leur feuille chaque fois qu’ils entendent un chant. Cette activité révèle l’omniprésence et la diversité des oiseaux autour de nous.
En descendant près du ruisseau, nous vivons une expérience sonore captivante en rencontrant un troglodyte mignon. La veille, Audrey avait observé cet oiseau grisâtre dans la zone, et sachant qu’il est territorial, elle déclenche un enregistrement de son chant pour encourager une observation. Après un court moment, nous réussissons à l’apercevoir. Dans la même zone, un énorme chablis attire notre attention : ses racines semblent offrir un abri potentiel au troglodyte pour la période printanière.
De retour en classe, nous dressons un tableau recensant les différentes espèces observées : bus variables, mésanges, merles, corneilles, rouge-gorges, troglodytes mignons et, surtout, le pinson des arbres ! Nous discutons également des différences entre les formes de becs, car ces espèces cohabitent en exploitant des ressources alimentaires distinctes. Le bec conique et robuste du pinson lui permet de consommer des graines, tandis que le grimpereau possède un bec plus courbé, adapté pour saisir des insectes dans l’écorce des arbres. Cet exercice permet de réactiver des notions déjà abordées en classe avec les ateliers de Captain Darwin.

