Nous sommes accompagnés ce matin par Marina Oget et Chloé Lequette pour partir à la recherche de l’écureuil roux avec les CM1 de Bézeuc. L’objectif de la sortie ? Observer ce petit mammifère roux ainsi que ses petits, qui sont censés être nés il y a quelques semaines ! Marina nous introduit d’abord l’animal en classe. Il vit dans les arbres ou au pied des troncs et construit des nids douillets faits de brindilles et de branches. On a d’ailleurs plus de chances de l’observer lorsqu’il fait beau que lorsqu’il pleut.
Malheureusement pour nous, aujourd’hui est un jour pluvieux. Mais nous ne désespérons pas de le voir ! Les écureuils roux sont omnivores. « Quelqu’un sait ce que cela veut dire ? » interroge Marina. « Oui, ce sont ceux qui mangent à la fois comme les herbivores et comme les carnivores », lui répond Héloïse. Bonne réponse : ils mangent des noisettes, des fruits, ils adorent les pommes de pin, les baies, les champignons, et consomment aussi des insectes.
Ils sont en outre des êtres vivants essentiels pour les forêts : grâce aux graines et aux fruits qu’ils consomment et qu’ils oublient parfois, de nouveaux arbres peuvent pousser. D’autres informations passionnantes sont données par Marina et suscitent l’enthousiasme : il est temps de prendre le bus pour aller découvrir la forêt du Hénan.
Nous arrivons dans la forêt avec un maître mot en tête : silence. En effet, si l’on espère observer des écureuils, il faudra se faire discret et bien scruter la cime des arbres. Nous commençons par apprendre à reconnaître un premier indice de la présence des écureuils : les restes de leurs repas. Chaque animal a sa propre technique de décorticage.
Les écureuils trouvent les graines au cœur des pommes de pin en rongeant la tige centrale pour la détacher et la tenir entre leurs pattes, comme un cornet de glace. Puis ils arrachent avec leurs dents chaque écaille pour en extraire les graines, avant de les laisser ou de les jeter, parfois encore accrochées. Ils décortiquent entièrement le cône en le faisant tourner régulièrement, et il ne reste alors que les écailles à sa pointe.
On peut donc savoir si un écureuil roux fréquente une forêt à la manière dont les pommes de pin ont été rongées ! Marina et Chloé nous montrent d’autres indices de la présence des écureuils sur le sentier que nous empruntons : noix rongées, faînes de hêtre ouvertes et vidées de leur graine, châtaignes cassées… Mais pour l’instant, aucun écureuil en vue.
Chloé s’arrête devant un if et nous montre le bout de ses branches ; les aiguilles affichent un vert vif qui contraste avec le vert sapin du reste de l’arbre. « D’après vous, pourquoi ? » demande-t-elle. « C’est parce que ce sont de nouvelles aiguilles », répond presque instantanément Louane. Exactement ! Les nouvelles aiguilles sont encore jeunes et n’ont pas encore effectué assez de photosynthèse pour que leurs pigments soient plus foncés. Chacun prend des notes de ce que Chloé et Marina racontent, car il faudra parler de cette sortie à Victor !
Une activité est ensuite proposée aux élèves. D’abord, placés en rang d’oignon, ils doivent sauter le plus loin possible et garder leur position. Combien de mètres ont-ils sauté ? 1 mètre, 1,50 mètre pour les plus aguerris, guère plus. L’écureuil roux, lui, est capable de sauter de 4 à 5 mètres lorsqu’il prend son élan en hauteur ! C’est grâce à ses puissantes pattes arrière, qui fonctionnent comme de véritables ressorts.
Pendant que nous nous amusons à sauter en longueur, Chloé cache aux abords du sentier des indices d’animaux que l’on peut rencontrer dans nos forêts. Les élèves se lancent dans un jeu de piste : « À vos marques… prêts… partez ! » Ils courent à la recherche des indices et appellent leurs camarades lorsqu’ils trouvent quelque chose. Très vite, l’ensemble des indices laissés par Chloé est retrouvé.
Une fois tous réunis autour d’une table, il est temps de les identifier. Que trouve-t-on ? Des traces d’écureuil roux bien sûr : les pattes arrière sont trois fois plus grandes que celles de devant. Il y a également des empreintes de chevreuil et de sanglier… Chloé nous montre ensuite des illustrations de différentes espèces d’écureuil.
L’écureuil gris, espèce invasive qui n’est pas encore arrivée en France mais qui cause déjà des dégâts en Angleterre, est aussi présenté. On nous parle aussi de l’écureuil de Corée, appelé aussi tamia de Sibérie : d’une adorable allure, il était autrefois vendu dans les animaleries, mais sa vente est désormais interdite en Europe afin d’éviter son installation.
Après plus d’une heure et demie de sortie en nature, nous retournons vers le bus tranquillement. La classe aurait voulu rester davantage, preuve que le contact avec la forêt est une source d’émerveillement et de joie !
La prochaine étape de ce programme avec la classe de Bézeuc consiste à rencontrer Victor en visioconférence et à lui parler de l’écureuil roux et de ce qu’ils ont appris au cours de la sortie. L’écureuil sera comparé au paresseux à crinière observé au Brésil. Ces deux espèces subissent une même menace : la fragmentation de leur territoire. La construction de routes, d’habitations, de complexes hôteliers ou la destruction de la forêt pour des besoins agricoles entraînent une diminution de leur espace vital et mettent en péril leur survie.

