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Le retour des hirondelles

16 Juin 2022 | Sensibilisation

Le 10 mai 2022, l’école de Nizon a repris le chemin du terrain, et cette fois c’est à Raguénez que nous sommes partis observer les hirondelles. Les enfants avaient déjà effectué une sortie en décembre pour découvrir les différentes espèces présentes à Concarneau, mais, comme il s’agit d’oiseaux migrateurs, seuls les nids avaient pu être observés jusqu’alors.

L’objectif de cette sortie à Raguénez était, d’une part, de constater la présence des hirondelles de rivage sur le littoral et, d’autre part, de visiter une vieille grange où des hirondelles rustiques passent tranquillement le printemps et l’été.

Organisés en petits groupes, nous avons vécu une demi-journée bien remplie. Un groupe se trouvait à Raguénez pour observer et étudier l’hirondelle de rivage avec Nathalie Delliou d’Esprit Nat’ure, tandis qu’un autre groupe était dans une grange pour étudier l’hirondelle rustique avec Jean-Jacques Beley, bénévole à la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Nathalie et ses accompagnants se tenaient présents sur la cale de Raguénez ; à l’arrivée du premier groupe, l’explication put commencer.

L’hirondelle de rivage est la plus petite des hirondelles que nous avons ici. Elle possède une queue courte. On peut la rencontrer là où il y a de l’eau, non seulement au bord de la mer, insiste Nathalie, mais aussi près des rivières, au niveau des berges.

Pour qu’elle puisse nicher sur le littoral, la présence de falaises ou de dunes est indispensable. Toutefois, pas n’importe quelle falaise : Nathalie nous montre que, en bas, la pierre est trop dure ; l’hirondelle de rivage préfère les zones où le sable permet de creuser des galeries. Sur cette même falaise, lorsque nous levons les yeux, nous apercevons une bande de sable plus propice à l’installation.

Les hirondelles de rivage vont volontiers en ces lieux spacieux et accueillants, elles aiment la compagnie ; aussi, une falaise large est-elle préférable. Maintenant que nous savons où elles aiment vivre, nous avançons un peu plus sur la plage pour tenter de les apercevoir. Sans attendre, les élèves se dirigent vers les falaises et commencent les observations.

Pour ne pas les déranger, nous nous asseyons à distance de leur habitat. Nathalie demande alors : « De quelles couleurs sont-elles ? » Les réponses fusent : « Blanche sur le ventre, avec un petit collier marron et le dos marron », comme l’avait déjà expliqué Maryanick lors de la première intervention.

« On les voit entrer dans leurs trous », déclare l’un des enfants. C’est exact : après avoir passé l’hiver en Afrique, les hirondelles de rivage nichent toutes ensemble, creusant des cavités presque plus grandes qu’un bras.

À l’extrémité, se trouve une chambre d’incubation où les parents déposent de petites herbes et des plumes pour préparer l’arrivée des œufs. Une fois qu’elles ont pondu, les parents couvent en alternance pendant environ dix-neuf jours.

« Qu’est-ce qu’elles peuvent manger, ces petites hirondelles ? » questionne un élève. Parmi les réponses, on relève une grande classe d’animaux invertébrés de l’embranchement des arthropodes : les insectes. « Et où pouvons-nous en trouver sur le littoral ? » poursuit Nathalie. « Au bord de la plage, dans les algues », et effectivement, elles se nourrissent d’animaux que l’on retrouve par exemple dans la laisse de mer, cet amas d’algues décomposées. Nathalie propose alors de faire une minute de silence pour écouter leurs cris.

S’ensuit une imitation des chants par les enfants, qui s’imprègnent ainsi des sonorités propres à ces oiseaux. Maintenant, avec Jean-Jacques de la LPO, nous allons nous intéresser aux hirondelles rustiques. Dans une ferme, à côté du camping du Vieux Verger, se trouve une grange où abondent les nids : c’est là que vivent beaucoup d’hirondelles rustiques. À l’extérieur de cette grange, nous observons quelques moineaux.

Parfois, ces derniers volent le nid des hirondelles, explique Jean-Jacques, mais ils s’attaquent surtout à celui des hirondelles de fenêtre, car ils sont plus exposés ; le nid des hirondelles rustiques est plutôt abrité, à l’ombre, dans les granges ou les étables.

À quoi ressemblent ces hirondelles ? Jean-Jacques le rappelle : elles ont une grande queue, deux longs filets surtout chez le mâle, une gorge rouge, le dessus bleu foncé et le dessous blanc. Concernant la migration, ce sont les hirondelles rustiques qui arrivent les premières, fin mars. Le mâle arrive sur le site avant la femelle, retrouve l’endroit où il avait niché l’année précédente, et vérifie si la zone est toujours favorable. S’il ne retrouve pas son ancien nid, il va en reconstruire un, ce qui peut prendre deux à trois semaines, en collant près de mille petites boules de terre glaise. 

Le mâle gardera la même femelle, sauf si celle-ci meurt durant le voyage migratoire. Les hirondelles peuvent revenir pendant cinq à dix ans au même site, précise Jean-Jacques.

Pour attirer une femelle, plusieurs éléments doivent plaire : le choix du site de nidification et la qualité du mâle, notamment son chant et la longueur de ses filets. Une fois formé, le couple attend que tous les œufs soient pondus avant de les couver. Pour se nourrir, les parents alternent leurs allers-retours ; ils partent chaque fois à la recherche d’insectes, de moustiques et de moucherons.

Petite anecdote : les hirondeaux font leurs besoins dans des sacs ; les parents les récupèrent ensuite pour les jeter à l’extérieur du nid afin de le garder propre. Une fois plumés, les jeunes se retournent et imitent leurs parents, en dehors des nids.

Jean-Jacques conclut en exposant les problématiques auxquelles les hirondelles sont confrontées, parmi lesquelles : les pesticides dispersés dans les champs contre les insectes. Cela constitue la première cause de disparition des hirondelles. Il faut rappeler que les insectes occupent un rôle primordial dans la chaîne alimentaire. Ainsi, ce ne sont pas seulement les hirondelles qui sont impactées, mais de nombreuses autres espèces également.